Simulez jusqu’à ce que vous le deveniez! Deux minutes pour changer votre vie.

On sait depuis longtemps que l’esprit influence le corps (le psychosomatique) mais on sait aussi depuis pas mal d’années que l’inverse est vrai, bien que l’on semble avoir moins bien assimilé ce concept. Pourtant, comme l’explique Amy Cuddy dans sa présentation TED, changer votre posture pendant deux minutes peux significativement changer votre avenir. Imaginez que vous puissiez changer le résultat d’un entretien d’embauche de négatif à positif. Ou que vous puissiez devenir plus sûr de vous même, plus déterminé, plus passionné et conquérir le coeur de votre alter ego. Tout cela en deux minutes? Adopter des postures reflétant la confiance en soi et le pouvoir, pendant deux petites minutes, augmente votre confiance en vous et diminue votre stress. Avez-vous un meilleur investissement pour votre vie? Deux minutes, pas d’argent à débourser, et cela peut changer le cours de votre vie. Pourquoi le faire? Vous risqueriez de devenir celui ou celle que vous voulez-être!

L’illusion et ses effets sur la réalité…

En lisant l’excellent thriller de Giacometti et Ravenne « Conjuration Casanova« , je fut surpris de lire  la description d’une expérience visant à mesurer l’effet d’un entrainement par imagination de mouvement sur le développement musculaire (du pouce, dans le livre). Sachant que les auteurs ont généralement l’habitude de se baser sur des faits réels, je me suis mis à la recherche d’articles scientifiques sur le sujet. A ma grande surprise, j’ai trouvé quelques articles relatant cette expérience ainsi que d’autres sur le même principe mais visant d’autres muscles (Page, Levine & Khoury, 2009;Sidaway & Trzaska, 2005; Yue & Cole, 1992 et bien d’autres).

S’imaginer faire un mouvement (sans le faire) de manière répétitive, comme lors d’un entrainement physique, amène donc une augmentation de la force et de la précision du mouvement de ce muscle (voire même de sa masse). Cette augmentation pourrait être dûe à un entrainement du système nerveux qui mènerait à une meilleure utilisation des fibres musculaires. En effet, l’action d’imaginer un mouvement utilise une bonne partie du système nerveux utilisé pour effectuer réellement ce mouvement.

Vous êtes peut-être en train de vous demander ce que ces recherches en physiologie peuvent avoir comme lien avec le mieux être psychologique (pour les personnes souffrant d’une blessure physique et en incapacitée temporaire, ces découvertes leur sont/seront probablement fort utile pour la rééducation). Si l’on fait le lien avec des expériences classique de psychologie sociale sur la rétroaction faciale (Strack, Martin & Strepper,1988; McIntosch, 1996) ou la rétroaction posturale (Riskind & Gotay ,1982) ou plus récemment l’influence de la respiration sur la perception des émotions (Philippot, Chapelle, Blairy, 2002), qui nous rappelle le lien intime entre le corps et l’esprit lorsque l’on parle d’émotion, on peut alors facilement voir l’intérêt d’une pratique simple pour être heureux: Activer notre bonheur. Faire semblant. Lisez-moi bien. Je n’écris pas qu’il faut nier ses émotions négatives, loin de là! Je suggère juste, et je ne suis pas le seul, d’entrainer (votre corps et) votre esprit au bonheur. Jouer à faire semblant d’être heureux pour être plus heureux, pour de vrai (qu’est-ce qui est vrai ou faux, d’ailleurs).

La méditation joue probablement aussi sur ces effets. En entrainnant la bienveillance (et aussi le sourire – ne vous êtes vous jamais surpris à sourire pendant une méditation) et une posture droite ainsi qu’une respiration calme, nous entrainons notre capacité à sourire spontanément, à être heureux, à être fier de soi, bienveillant envers soi-même, naturellement. Donc, n’hésitez pas à vous imaginer souriant, droit, solide et serein, cela risquerait de vous changer réellement, durablement, positivement.

Jouer à être heureux, pour être plus heureux.

Quelques références: