L’illusion et ses effets sur la réalité…

En lisant l’excellent thriller de Giacometti et Ravenne « Conjuration Casanova« , je fut surpris de lire  la description d’une expérience visant à mesurer l’effet d’un entrainement par imagination de mouvement sur le développement musculaire (du pouce, dans le livre). Sachant que les auteurs ont généralement l’habitude de se baser sur des faits réels, je me suis mis à la recherche d’articles scientifiques sur le sujet. A ma grande surprise, j’ai trouvé quelques articles relatant cette expérience ainsi que d’autres sur le même principe mais visant d’autres muscles (Page, Levine & Khoury, 2009;Sidaway & Trzaska, 2005; Yue & Cole, 1992 et bien d’autres).

S’imaginer faire un mouvement (sans le faire) de manière répétitive, comme lors d’un entrainement physique, amène donc une augmentation de la force et de la précision du mouvement de ce muscle (voire même de sa masse). Cette augmentation pourrait être dûe à un entrainement du système nerveux qui mènerait à une meilleure utilisation des fibres musculaires. En effet, l’action d’imaginer un mouvement utilise une bonne partie du système nerveux utilisé pour effectuer réellement ce mouvement.

Vous êtes peut-être en train de vous demander ce que ces recherches en physiologie peuvent avoir comme lien avec le mieux être psychologique (pour les personnes souffrant d’une blessure physique et en incapacitée temporaire, ces découvertes leur sont/seront probablement fort utile pour la rééducation). Si l’on fait le lien avec des expériences classique de psychologie sociale sur la rétroaction faciale (Strack, Martin & Strepper,1988; McIntosch, 1996) ou la rétroaction posturale (Riskind & Gotay ,1982) ou plus récemment l’influence de la respiration sur la perception des émotions (Philippot, Chapelle, Blairy, 2002), qui nous rappelle le lien intime entre le corps et l’esprit lorsque l’on parle d’émotion, on peut alors facilement voir l’intérêt d’une pratique simple pour être heureux: Activer notre bonheur. Faire semblant. Lisez-moi bien. Je n’écris pas qu’il faut nier ses émotions négatives, loin de là! Je suggère juste, et je ne suis pas le seul, d’entrainer (votre corps et) votre esprit au bonheur. Jouer à faire semblant d’être heureux pour être plus heureux, pour de vrai (qu’est-ce qui est vrai ou faux, d’ailleurs).

La méditation joue probablement aussi sur ces effets. En entrainnant la bienveillance (et aussi le sourire – ne vous êtes vous jamais surpris à sourire pendant une méditation) et une posture droite ainsi qu’une respiration calme, nous entrainons notre capacité à sourire spontanément, à être heureux, à être fier de soi, bienveillant envers soi-même, naturellement. Donc, n’hésitez pas à vous imaginer souriant, droit, solide et serein, cela risquerait de vous changer réellement, durablement, positivement.

Jouer à être heureux, pour être plus heureux.

Quelques références:

Le journal intime, désuet ou sous-utilisé?

Au cours de  ma dernière lecture sur l’ACT, dont je vous ferai probablement part bientôt, une fois que j’aurai achevé la lecture de cet excellent ouvrage, j’ai lu un passage mentionnant une étude de Pennebaker sur les bienfaits de l’écriture de ses difficultés sur les résultats scolaires (Spera, Buhrfeind & Pennebaker, 1994) et sur l’état de santé général (Pennebaker & Beall, 1984). Pennebaker est une référence incontournable lorsque l’on s’intéresse aux études scientifiques sur l’écriture sur soi, autobiographique, et ses effets sur nous. J’ai lu pas mal de ces articles lorsque je me suis intéressé aux blogs et aux réseaux sociaux il y a quelques années de cela. Il me semblait assez remarquable à l’époque qu’une grande proportion des personnes qui tenaient  un journal intime et se mettaient à blogguer ne laissaient pas tomber leur journal intime pour autant. Bien que les deux activités puissent sembler similaire, elles ne le sont pas? Du moins pas à l’identique.

Or, plus récemment, dans des études sur la psychologie positive, des interventions consistant à noter les événements qui se sont bien déroulés durant la journée et d’expliquer en quoi nous avons contribué à ce bon déroulement, semblent elles aussi apporter des améliorations notables du niveau de bonheur perçu.

Donc, il semblerait que se confronter à nouveau aux bons et aux mauvais moments et pensées de notre journée en les couchant sur du papier (ou sur un clavier pour les plus modernes d’entre-nous) soit une activité très bénéfique et peu coûteuse (je modère un peu  cette declaration, vu qu’elle n’est pas generalisable, certaines etudes montrent qu’inciter certaines personnes a parler d’événements traumatiques peut avoir des consequences néfastes, cf. Rose, Bisson & Wissely, 2003). Pourtant, le journal intime ne semble plus être très plébiscité, du moins n’en parle t’on pas beaucoup ces dernières années. Il reste heureusement toujours l’excellent site de Philippe Lejeune sur le pacte autobiographique (http://www.autopacte.org/) qui disserte sur le sujet et nous renseigne les derniers travaux et écrits En la matière.

Bonne lecture et bonne écriture.

Cultiver l’étonnement.

Voici un autre petit exercice qui apporte du bien-être et que l’on peut pratiquer chaque jour:

    chaque soir, notez au moins 5 choses, petites ou grandes,pour lesquelles vous vous sentez reconnaissant. Cet exercice peut se faire en famille, avec vos enfant, votre partenaire. Qu’est-ce qui vous a plu? Qu’est-ce qui (ou qui) vous a fait sourire? Qu’est-ce qui vous a appris quelque chose? Qu’est-ce qui vous a amené du bonheur aujourd’hui?

Cette petite routine, dont les recherches de Emmons et McCullough montrent qu’elle est bénéfique sur bien des aspects, nous rappelle l’importance du Merci, ce mot simple que nous avons parfois tendance à sous-employer. Pourtant, ce n’est probablement pas par ingratitude mais bien plus par habitude, par manque d’étonnement. Nous ne nous rendons plus compte de ces petites choses, de ces petits gestes qui font tant de bien. Finalement, le scientifique et le philosophe questionnent le quotidien. Le premier essaie de comprendre le comment, le second s’étonne de celui-ci. Nous aussi, nous pouvons adopter cette démarche et nous étonner du quotidien, surtout de celui que nous côtoyons chaque jour et qui peine parfois à nous toucher, à nous émouvoir. On devient peut-être insensible aux horreurs de ce monde, gavé par les médias d’images et de terribles nouvelles mais nous devenons aussi parfois insensible à la beauté d’un soleil qui se lève, d’une belle nuit étoilée, du sourire d’un enfant, de la douceur d’un baiser, de la saveur d’un repas ou de la tendresse d’une caresse. Il y a tant de petites choses auxquelles nous ne faisons plus (assez) attention. C’est probablement aussi en l’entrainement de cette attention que la méditation de la pleine conscience contribue à améliorer notre quotidien. C’est parfois aussi le travail du psychologue de vous aider à relever ces petits détails, à prendre le temps de les noter. Indignez-vous dit Stéphane Hessel, étonnez-vous et dites merci ai-je envie de vous écrire. Votre gratitude, vos merci sont comme des chaudoudoux; vous pouvez en distribuer autant que vous voulez, vous en aurez toujours en suffisance et vous recevrez toujours plus, in fine, que ce que vous donnerez.

Merci de vous faire du bien et aux autres aussi!

Petit exercice pour un mieux-être

Voici une petite routine très efficace pour augmenter votre épanouissement personnel:

Chaque soir, prenez quelques instants pour noter les 3 bonnes choses qui vous sont arrivées ou qui se sont bien déroulées durant la journée (même les petites choses). Pour chacune, notez aussi la raison pour laquelle, à votre avis, cela c’est passé ainsi.

Cela ne prend que quelques minutes par jour, ce qui n’est pas grand chose en comparaison du bien-être apporté. Ce n’est qu’un exercice parmi d’autres, mais il est déjà assez efficace en soi que pour ne pas saisir l’opportunité de l’utiliser et de se faire du bien..