Le thérapeute ACT ou la croyance en la possibilité de changement

Egide Altenloh et David Vandenbosch ont commis une très belle et très intéressante vidéo d’une application de la thérapie ACT au thérapeute lui-même et à sa relation à ses clients. Bien sûr il n’y a pas que ça et ce n’est pas universel mais c’est un point de vue auquel je peux m’identifier e et peut-être, cela vous parlera à vous aussi et vous permettra, si vous vous posez des questions sur la différence entre une thérapie ACT et d’autres formes d’approches (ce n’est pas si dichotomique que cela heureusement), d’avoir déjà une piste d’explication.

 

Merci David et Egide pour cette excellente vidéo (comme toujours)

 

Ateliers ACT avec Jana Grand à Ath (BE) les 12 et 13 juin 2015

ACTIFF

ACTIFF, l’institut de formation français, propose un atelier de formation à l’ACT (Thérapie d’acceptation et d’engagement) avec Jana Grand à la maison des géants à Ath (en Belgique) ces 12 et 13 juin 2015.

Le prix pour les deux jours est de 290 euros.
Adresse:
Maisons des géants
Rue de Pintamont, 18-7800 Ath, Belgique

(Le lieu de formation est à 5 minutes à pieds de la gare d’ATH)

Pour tous renseignement, vous pouvez contacter Anne Marrez au +32 (0)478/64 50 54 ou par courrier électronique : psymarrez@gmail.com

Le feuillet de présentation et d’inscription de la formation en Belgique, au format PDF, est disponible sur http://www.act-institut.com/

Le journal des sciences comportementales contextuelles est né!

L’ACBS (Association for a Contextual Behavioural Science) vient de publier le premier numéro du JCBS (Journal of Contextual Behavioral Sciences) en Anglais.

Le premier numéro est disponible gratuitement (cela ne va pas durer) sur le site de Elsevier: http://www.journals.elsevier.com/journal-of-contextual-behavioral-science/recent-articles/

Bonne lecture.

Changer son vocabulaire pour changer sa vie?

J’ai lu ce matin un article de  Anthony Robbins, un entrepreneur et auteur américain spécialisé dans le leadership et la psychologie de la performance. Dans cet article intitulé « Changé votre vocabulaire, changer votre vie: l’outil le plus simple que je connaisse pour transformer immédiatement la qualité de votre vie » (ma traduction), Robbins explique comment il a découvert que le fait de changer les mots qu’il utilise pour décrire ses émotions influence la façon dont il vit ces émotions. Derrière l’anecdote, on peut mettre en relation cet article avec un bon nombre d’articles et de recherches scientifiques sur le lien entre vocabulaire et émotions, voire, plus largement, sur notre perception du monde.

Des études suggèrent l’existence d’un lien entre la capacité à gérer ses émotions et nos capacités linguistiques, voire plus spécifiquement l’étendue de notre vocabulaire émotionnel (entre-autres Eisenberg, Sadovsky & Spinrad – 2005; Cohen & Mendez – 2009) ainsi que l’état de la recherche sur l’alexithimie ou aussi, comme on peut le supposer assez intuitivement, la capacité des mots à susciter des émotions consistantes avec le mot évoqué (entre-autres Feldman Barrett, Gross, Conner Christensen & Benvenuto – 2001). La théorie des cadres relationnels (TCR; théorie sur laquelle se fonde en partie l’ACT) explique comment les mots conduisent à éviter les évènements psychologiques douloureux (Villates & Monestes – 2010).

Comme nous le montre aussi les recherches sur la psychologie de la persuasion, le choix des mots influencent notre probabilité d’agir dans un sens ou un autre. Les mots dits ou les implications de ces mots influencent notre conception du monde. On peut donc aisément se représenter la boucle de rétroaction qui génère notre expérience émotionnelle:

Evénement -> Réaction émotionnelle (physiologique) -> Cognition de l’émotion -> Association à un mot -> influence du mot sur l’émotion perçue -> ajustement de l’émotion et/ou de sa cognition -> etc.

On peut facilement imaginer comment un vocabulaire restreint peut influencer notre perception de nos émotions. Si, hypothétiquement, je n’ai que le concept de « furieux » et « frustré » pour décrire ma colère, il est fort probable  que je serai fréquemment « furieux » vu que je manquerai de concepts pour décrire et me représenter mes états émotionnels intermédiaires. Si je me dis que je suis triste, je peux avoir la représentation que je suis triste maintenant ou, aussi, que je suis triste tout le temps, ou parfois, etc.  Notons aussi que « je suis triste » est différent de « je ressens de la tristesse en ce moment » qui n’implique pas un état global (je me définis comme étant triste, entièrement) mais bien le ressenti d’une émotion (que l’on peut associer à un état partiel) transitoire. Cette dernière formulation aura probablement un effet différent sur notre conceptualisation de notre expérience et donc, in fine, de nos réactions à cette expérience. Il me semble, intuitivement, plus facile d’éprouver un sentiment positif juste après m’être dit « je ressens de la tristesse maintenant » que lorsque je me dit « je suis triste », qui implique un état que je perçois comme plus durable. Bien sûr, ce ne sont que des mots mais ce sont ces mots qui sculptent notre perception du monde et de notre réalité psychique.

On peut donc aussi facilement imaginer comment le fait d’ajouter des mots de vocabulaires pour définir des états intermédiaires dans notre perception des émotions peut interrompre une spirale négative. Si au lieu de me dire « je suis furieux », je me dit « je ressens un sentiment scrogneugneu » (bougon avec un côté « amusant » dû au mot), je vais probablement avoir un sourire (même intérieur) qui va modifier positivement ma perception de mon expérience.

Entraînez-vous donc à trouver de nouveaux noms ou synonymes à vos expériences émotionnelles, vous permettant de les discriminer avec plus de précision, de sensibilité  voire aussi d’humour :o)

Je vous renvoie aussi à la petite présentation ci-dessous sur le côté magique des mots et surtout de certains.

 

Steve Jobs, une vie engagée

Je revoyais récemment la vidéo du discours de Steve Jobs lors de la Commencement Ceremony de Stanford en 2005. En réécoutant son discours, je ne pu m’empêcher de faire le lien entre les trois histoires de sa vie et l’ACT. En effet, dans sa première histoire, il nous raconte comment il décida d’arrêter l’Université parce qu’il ne voyait pas le sens que cela pouvait avoir. Il suivi uniquement les cours qui l’intéressaient, qui correspondaient à ses valeurs d’une certaine façon. Même si tout cela n’avait pas encore une utilité, une finalité, ça lui a servi plus tard. Il a pu faire des liens (« connecting the dots ») par après. Aucune expérience n’est donc réellement un temps perdu (on ne peut pas perdre du temps, on peut juste penser qu’il fut mal employé) mais cette expérience prendra probablement du sens plus tard.

Dans sa seconde histoire, il explique comment le fait de perdre ce qu’il avait construit lui avait permis de reconstruire et de faire encore mieux, de s’ouvrir vers de nouvelles choses. La légèreté d’être un débutant c’était probablement pour lui l’absence d’attente, de peur de l’échec, le « lâché prise ». Il aimait ce qu’il faisait. Ça le rapprochait de ce qui était important pour lui. Il allait toujours dans la direction qui lui plaisait. C’est d’ailleurs ce qui ressort aussi de sa troisième histoire. La mort lui a appris une chose, à rester en contact avec ses valeurs. Si vous vous levez chaque matin et que vous ne feriez pas ce que vous allez faire si vous alliez mourir demain deux jours de suite, changez quelque chose, nous dit-il. Lorsque l’on est près de la mort, il semble que l’on se rapproche de ce qui a le plus d’importance pour nous. On tergiverse moins. Comme si la proximité de la mort nous retirait une pression, une peur. Nous allons tous mourir, un jour, demain peut-être. Que feriez-vous aujourd’hui si vous alliez mourir demain? Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous?

Que l’on aime le personnage ou pas, il est indéniable que Steve Jobs était un orateur hors du commun, quelqu’un qui savait communiquer et convaincre mais aussi une personnalité qui s’était réalisée, qui s’était accomplie. Ecouter son discours ou le lire pourra certainement vous inspirer, il me semble que chacun peut y trouver une partie qui lui parle.

 

Le texte de son discours en Anglais sur le site de l’université de Stanford

La vidéo originale, en Anglais uniquement, publiée par l’Université de Stanford, incluant l’introduction de son Président, retraçant une partie de l’histoire de Steve Jobs.

Les mots qui nous emprisonnent

J’ai publié sur YouTube une deuxième version de la petite vidéo qui explique brièvement comment reconnaître ces mots qui nous emprisonnent dans un monde sans solution. Le contenu est inspiré d’une formation de Kelly Wilson (la partie sur les « Prison words »). Ce sont des exemples de ce que l’on appelle la fusion cognitive, telle qu’elle est définie dans l’ACT (et par la théorie des cadres relationnels).

Workshop ACT janvier 2012 – niveau intermédiaire

Egide Altenloh organise un atelier ACT avec Benjamin Schoendorff, l’un des auteurs de l’excellent guide clinique de l’ACT, les 27 et 28 janvier 2012 à Bruxelles (niveau intermédiaire).

Plus de renseignements: http://www.egide-altenloh.com/component/content/article/62-workshop/123-formation-act-janvier-2012.html