La résilience chez le jeune à haut-potentiel…

tel est le tire de la conférence qui sera donnée ce samedi 4 octobre 2014 à 19h sur le campus de l’UCL par le Dr Olivier Révol, pédopsychiatre au CHU de Lyon, auteur de quelques ouvrages sur les enfants à haut-potentiel (et pas uniquement) dont le très bon « Même pas grave! L’échec scolaire ça ce soigne ». La conférence est donnée dans le cadre de la rentrée académique de EHP-Belgique (www.ehpbelgique.org)

Pour avoir assisté à quelques interventions d’Olivier Révol par le passé, j’apprécie, en dehors de la justesse de son discours, sa modération et les nuances qu’il apporte dans ses propos sur le haut-potentiel. Son humour et ses petites anecdotes viennent de plus rendre ces moments encore plus agréable. Une très bonne référence donc pour ne pas tomber dans les stéréotypes et le négativisme qui entourent parfois (souvent?) le haut-potentiel.

 

Affiche EHP Belgique

Les zèbres, une nouvelle cible marketing

Je lisais récemment un avis sur la publication d’un nouveau livre sur les personnes à Haut Potentiel Intellectuel, que l’on appelle parfois HP ou parfois les zèbres. Bien que dans son livre « Les surdoués ordinaires »,  Nicolas Gauvrit prend, semble t’il (je ne l’ai pas encore lu), une approche résolument scientifique et démystifie les stéréotypes et les péjugés (pour ne pas dire les fantasmes) sur les HP, ce qui est bien nécessaire, je me suis demandé pourquoi encore un livre sur le sujet. Pas tant le sien, qui est probablement bien plus recommendable que de nombreux ouvrages de « vulgarisation » sur le sujet qui racontent un peu tout et n’importe quoi, transformant l’expérience personnelle de X en une vérité quasi scientifique.

Ce qui m’étonne finalement c’est que ces derniers temps, je vois un grand nombre de « produits » destinés aux zèbres. Conférences en tout genre sur le bien-être des HP, séances de thérapies de groupes, groupes de paroles, livres en tout genre, sur l’enfant HP, l’ado HP, l’étudiant HP, le professeur d’étudiant HP ou encore l’adulte HP. On me colle même parfois l’étiquette de psychologue ou psychothérapeute pour EHP alors que je ne fais clairement pas que cela et je vois de plus en plus souvent le « label » HP apparaître dans la liste des spécialité de certain(e)s collègues. Ne parlons même pas des gourous en tout genre qui reconnaissent un HP en 30 secondes et qui leur propose de rejoindre la communauté des génies incompris. En termes de marketing, le zèbre est devenu un groupe cible. A quand la certification « HP compatible »?

En quoi est-ce un problème, me direz-vous? En dehors du fait que certains augmentent clairement leur tarif pour les activités HP (ben oui, s’adresser au 2,2% de la population qui compose le haut du panier , ce n’est pas donné à tout le monde, ça mérite bien une compensation financière… ou pas), c’est surtout que ça donne une sorte de légitimité à une catégorisation qui n’a pas lieu d’être.

Déjà, si l’on demande une définition de l’intelligence aux 20 chercheurs les plus impliqués dans le domaine, on obtiendra probalement 20 définitions assez différente (je crois me souvenir qu’un journaliste a fait le test mais je ne retrouve pas l’article).

De plus, les outils psychométriques ne font pas ce qu’ils prétendent faire. On ne mesure pas l’intelligence. On peut mesurer une distance, une masse mais l’intelligence est un concept mal défini. On ne mesure que la performance a des tests impliquant des tâches (et donc, théoriquement des fonctions cognitives différentes). Ce sont donc des estimations de performances cognitives sur des échelles arbitraires. Ca vaut donc ce que ça vaut (une mesure de performance a des tâches qui impliquent des fonctions cognitives, cérébrales, particulières, du moins, sur base de ce que l’on en sait pour le moment mais qui ne représente pas l’intelligence de son ensemble, loin de là). De plus, ces mesures sont fortement influencées par l’entrainement, la concentration, l’état de fatique, l’envie de répondre, le stress, etc.

Bien sûr, les psychologues qui font de la recherche sur le sujets connaissent toutes ces limitations (enfin, ceux que j’ai rencontré). Elles sont d’ailleurs assez clairement explicité dans les manuels de passation des tests tels que le WAIS et le WISC.

Un psychologue qui connaît un peu le sujet ne donnera normalement pas une valeur mais un intervalle (qui couvre entre 10 et 15 points) tant les tests sont imprécis. De plus, on ne donne un QI global que si il est pertinent, c’est a dire qu’il y a une homogénéité des résultats dans les sous-tests (ce qui n’est pas souvent le cas).

Ensuite, on sait qu’on ne tient pas compte de toutes les dimensions possible de l’intelligence. Les dimensions musicales, créatives, psychomotrices et autres ne sont généralement pas évaluées. C’est principalement l’intelligence verbale et logico-mathématique qui est évaluée (et sur-représentée) tout en sachant que les tests, bien qu’étalonnés par pays et cultures, n’en son pas moins biaisés. Ca aussi, c’est un phénomène connu.

Notons aussi que le QI n’est pas une échelle vu que, de nos jours (pas comme à l’époque des tests de Binet), il représente le résultat relatif d’une personne par rapport à une moyenne normalisée (centrée sur 100, écrat-type de 15), que l’on appelle une Gaussienne. Donc, il peut y avoir plus de différences, en termes de performances cognitives, entre une personne obtenant 153 et une autre 155 qu’entre une personne obtenant 90 et une autre 110 à une des échelles.

Comme le suggère le modèle de Gagné, qui modélise la différence entre douance et talent, le tout n’est pas d’avoir de bonne capacités cognitives (un bon processeur), encore faut-il vouloir l’utiliser, la développer et la nourrir. Raisons pour laquelle en Belgique on préfère le terme de Haut-Potentiel à celui d’intellectuellement précoce (signifiant qu’il y a un moment ou la différence n’est plus perceptible) ou de Douance (car pour être doué, il faut utiliser ses fonctions).

A titre indicatif, déjà en 1920, Terman avait fait une étude sur le lien (ou plutôt son absence) entre le QI (tel qu’il était mesuré à l’époque) et la réussite sociale ou professionnelle (entre autre en utilisant le QI de prix Nobel).

Tout ceci pour dire que la notion de QI et surtout les tests psychométrique sans lesquels elle n’existerait pas, sont des outils destinés à des professionnels et dont la vulgarisation des résultats n’amène, visiblement, que des stéréotypes, des prédictions auto-réalisantes (dont des négatives), des étiquettes (qui enferment les personnes dans le un rôle qui correspond trop souvent au stéréotype) et pleins de fantasmes mais peu de vraies solutions pour les personnes évaluées.

Il me semble donc plus prudent de laisser ces chiffres et ces notions aux professionnels. Jusqu’à présent, personne n’annonce son score à une échelle de dépression de Beck aux autres, pourquoi le fait-on avec une échelle de Weschler? En général, personne n’essaie d’expliquer une inadaptation à l’école en fonction du taux de Cortisol dans le sang ou d’un niveau de testostérone. Personne ne vient vous dire « vous avez 300 nmol/L de cortisol dans le sang », ça explique que vous ayez du mal à écouter à l’école. Pourtant, on le fait avec le résultat de tests de QI dont ce n’est clairement pas la fonction et qui sont probablement bien moins pertinent comme explication que ne pourrais l’être la mesure du cortisol justement.

Faire passer un WISC (un test de QI pour enfant) n’est pas quelquechose d’anodin que l’on peut faire devant un écran de PC ni pour le plaisir. Personnellement, je ne fais pas de test avec qui que ce soit s’il n’y a pas une raison valable, c’est à dire que les résultats du tests me donneront un éclairage pertinent sur les difficultés que rencontrent mon patient et pourront guider sa prise en charge (ce qui, dans le cadre des tests de « QI », concerne généralement des problèmes d’apprentissages, des dys-quelque chose).

Quand j’ai des patients qui me disent que leur enfant a une phobie scolaire ou un problème d’attention ou encore de discipline, ce n’est pas dans un rapport de WISC (surtout si la personne faisant l’évaluation ne prend pas la peine de donner le contexte de l’examen ni comment il s’est déroulé en termes comportementaux et psychosociaux) que je vais trouver un indice.

Par contre, savoir que des enfants de 6 ans peuvent avoir une compréhension du monde qui dépasse celle de certains adultes mais qu’ils sont probablement bien moins capable de gérer l’impact émotionnel que cette compréhension implique, ça c’est utile. Savoir qu’un enfant peut avoir une perception des risques et des événement qui est bien plus fine que celle de certains adultes, ça permet de ne pas les catégoriser (catégoriser étant déjà une bétise en soit) l’enfant dans les psychotiques ou les paranoïaques (c’est du vécu!).

Travailler en utilisant l’étiquette « HP » ou « Zèbre » est, il me semble, une erreur, car l’étiquette devient l’arbre qui cache la forêt. Chaque individu est différent et le fait qu’une personne possède des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne (ce qui n’est pas une maladie, rappelons-le, raison pour laquelle on ne parle normalement pas de « diagnostiquer » des HP) n’explique pas à lui tout seul les éventuels problèmes affectifs, sociaux, méta-physiques ou autres. C’est un fait non-négligeable mais non-suffisant. D’ailleurs, cela n’aurait pas de sens face aux grand nombre de personnes « HP » qui vont aussi bien que le reste de la population (voir même mieux, statistiquement).

Et voilà un article de plus dans la section « Haut-Potentiel » de ce blog :o) (et oui, il semblerait qu’il y ai une demande pour la section)

 

Le temps, notre meilleur ennemi

Cela fait pas mal de semaines que je n’ai plus alimenté ce blog. Je n’avais pas le temps. C’est du moins ce que je me disais. Après me l’être dit plusieurs fois, je me suis souvenu que le temps n’existe pas en soi et que ne pas avoir le temps n’est qu’un abus de langage.

Le temps est un concept, très approximatif nous dirait probablement un physicien, pour parler de cette 4ème dimension dans laquelle nous évoluons en permanence. Nous ne pouvons pas le prendre, nous ne pouvons pas le perdre, il ne peut pas être beau ou mauvais, ni difficile ni doré. On ne peut pas arrêter le temps, on ne peut pas le remonter (enfin, pas que je sache), le temps est la dimension sur laquelle nous n’avons aucun contrôle. Le temps est, simplement.

Ce sur quoi nous avons du contrôle, c’est ce que l’on fait de ce temps. Ce temps qui est, en ce qui nous concerne, fini. Nous existons dans le temps au moment de notre conception et nous en sortons une fois que nous mourrons (du moins du point de vue de l’être humain. Si l’on parle des molécules ou des atomes qui nous composent, ils existaient avant et existeront après nous mais changent sans arrêt, j’en reparlerai a un autre moment). Le temps, notre temps (on peut être possessif de temps à autre), est et ce qui importe, c’est ce que l’on fait (ou ne fait pas) pendant que le temps « avance », inexorablement. On peut le consacrer à quelqu’un, à une activité, on peut le laisser passer, ce qui signifie qu’on le passe à ne rien faire (ce qui n’est pas réellement le cas, on fait toujours quelque chose tout comme on communique toujours même si on ne le veut pas) ou plutôt qu’on le passe à faire quelque chose que l’on ne contrôle pas.

Bref, quand je dis que je n’ai pas le temps, c’est faux. Le temps est là, quoi que je fasse, c’est juste que j’ai décidé de consacrer une partie de l’espace-temps que j’ai à ma disposition à autre chose qu’à ce que j’estime que j’aurais dû faire. Est-ce que cela veut dire que je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait et plutôt dû faire ce que je n’ai pas fait? Probablement pas. C’est juste qu’à un moment mes priorités ont été différentes ou que j’ai peut-être perdu de vue certaines de mes priorités, emporté par l’automatisme de ma vie minutée. Car, si le temps n’existe pas, s’il n’est pas palpable ni visible, ce concept n’en a pas moins un impact énorme sur nos vies.

Nous l’avons divisé, arbitrairement, pour mieux l’appréhender. Une année est le temps nécessaire à la rotation de la terre autour du soleil (enfin, à quelques minutes près), la journée le temps d’une rotation de la terre sur elle même, un 24ème de la journée égale une heure, etc. Grâce à l’horloge atomique, chaque seconde n’est plus que l’équivalent de quelques 9 milliards de transitions d’état d’un atome de Césium 133.

Si nous avons divisé le temps pour mieux l’appréhender, c’est néanmoins cette division du temps qui nous contrôle maintenant. Nous ne nous levons plus avec le soleil mais bien parce que notre réveil ou notre téléphone nous signale qu’il est l’heure de se lever. Pas notre corps, pas notre tête, pas le soleil ou le chant du coq, non, cet arbitraire extérieur qu’est l’heure du moment et du lieu où nous sommes.

Jusque là, ce n’est pas pour l’impact que cela à sur notre métabolisme ou même sur notre humeur que j’en fais un article, du moins, pas aujourd’hui (chaque chose en son temps, ai-je envie d’écrire). Après nous être réveillé, nous « courons contre le temps » pour effectuer un certain nombre de tâches dans le délai imparti: se lever, se nourrir (éventuellement), réveiller le reste de la famille (le cas échéant), se doucher, s’habiller, préparer ses affaires, déposer les enfants avant telle heure, aller au travail, prendre un moyen de transport (à l’heure), être présent aux réunions (à l’heure aussi), manger (entre midi et 14h), reprendre ses réunions ou son travail, fournir un rapport pour 16h, terminer une maquette pour 17h, être à l’école ou à la garderie avant 18h et mettre les enfants au lit avant 20h30 pour pouvoir éventuellement regarder le film du soir ou faire un peu de repassage, de lessive, de vaisselle, de rangement ou je ne sais quelle autre tâche ménagère.

Combien d’échéances avez-vous sur une journée? Comment vivriez-vous sans horloge, sans montre, sans agenda? Et si le jour de repos n’était pas le samedi et le dimanche mais quand on en a besoin, qu’est-ce que cela changerait? Et si les travaux à faire devait l’être pour le moment où ils seront fait? Plus d’échéances! La terre s’écroulerait-elle?

Vous allez-me dire que je suis un anarchiste, un révolutionnaire, que bien d’autres se sont lancé sur ce chemin. Mon but n’est pas d’exiger de changer l’organisation du monde, loin de là mais bien de vous faire remarquer comment ce monde, notre monde, votre monde, est réglé par le temps. Dans un article précédent j’avais relaté l’expérience de Darley et Batson (1973) qui montrait l’impact qu’avait la « pression » du temps sur l’expression de nos valeurs. Sous la « pression » du temps (c’est là que je vous rappelle qu’il n’y a rien de tel si ce n’est ce que nous imaginons et l’importance que nous, en tant que société, attribuons au fait de faire les choses dans certaines limites de temps. La pression vient de la peur de ne pas atteindre les espérances de notre société), nous ne sommes plus ce que nous voulons être, nous devenons, comme des animaux stressés et apeurés, agressifs, égocentriques et peu soucieux des autres. Regardez comme les gentils parents que nous sommes, soucieux du bien être de nos enfants, pouvons devenir des monstres d’agressivité pour arriver « à temps » à l’école puis au travail. Dans l’article précité, vous retiendrez peut-être aussi l’impact du temps sur cette mère de famille qui décida, finalement, de vivre l’instant présent.

Donc, si nous n’avons pas le temps, c’est probablement parce que nous voulons faire trop de choses. Et c’est normal, nos vies sont fort remplies, trop remplies, à un point tel que le moindre imprévu exige une « compression » du temps. Parfois, nous devons apprendre à dire « Non » aux autres pour ne pas accepter trop de choses et souvent, nous devons apprendre à dire « Non » à la personne la plus exigeante que nous connaissons: nous-même. Mais parfois, nous préférons avoir trop de choses à faire pour être sûr de ne pas nous retrouver sans rien à faire. Il est étonnant qu’il nous soit parfois si difficile de s’imaginer ne rien faire (Regarder la télévision ou lire un livre, ce n’est pas ne rien faire. Même rêver éveiller c’est faire quelque chose)

Le temps est fini. Quand nous serons mort, ce ne sera plus notre problème. D’ici là, nous n’avons qu’une vie. Que voulez-vous en faire? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous? Ce ne sont pas des questions pour lesquelles nous avons généralement des réponses. Nous n’avons pas pris le temps pour cela. Pourtant, ne sont-elles pas fondamentales? Quand je « n’avais pas le temps » d’écrire sur ce blog, j’ai malgré tout pris le temps de mettre à jour mon questionnaire des valeurs et d’ajouter des explications pour vous aider à trouver des réponses à ces questions. Il est disponible ici, si vous voulez prendre ce temps pour vous après avoir pris le temps de lire cette longue prose (et je vous en remercie).

 

Petit exercice de pleine conscience pour les enfants (dès 4 ans)

La pleine conscience souffre encore parfois de certains préjugés. On pense, à tort, qu’il faut s’asseoir et méditer 2 heures par jour pour en sentir les bienfaits. Détrompez-vous! Certaines études montrent que 20 minutes par jour suffisent à générer des changements physiologiques dans le cerveau et des changements dans nos modes de pensée.

Une autre croyance est que la pleine conscience ne peut être facilement enseignée aux enfants. Si on pense qu’il faut faire asseoir des enfants pendants 45 minutes et leur demander de méditer, je peux comprendre cet « a priori ». Cependant, la pleine conscience n’est pas que de la méditation assise, c’est avant tout une prise de conscience volontaire de nos pensées et du monde qui nous entoure.

Avec les enfants, j’utilise un exercice d’introduction qui provient du curriculum Mindful school que je répète à toutes les sessions (de 15 minutes maximum) et qui leur apprend de manière ludique à se concentrer sur le moment présent. Après quelques répétitions, cela devient même un point d’ancrage, certains diront un conditionnement, qui permet à l’enfant de facilement quitter le mode automatique et la sur-excitation pour s’ancrer pendant quelques instants, parfois salutaires, dans le moment présent et dans le calme.

Pour cet exercice j’utilise des cymbales tibétaines. Un bol chantant, un diapason ou n’importe quel instrument qui produit un son long et évanescent peut être utilisé.

La première fois, pour commencer, faites tinter la cymbale et demandez leurs ce qu’ils ont entendu. Ensuite, demandez leurs d’écouter attentivement le son de la cymbale et de lever la main quand le son s’arrête. Vous devriez observer un silence et un calme quasi instantané dès que le son se met à résonner. Une fois les mains levées, vous pouvez leur demander si cet exercice était difficile et comment ils étaient pendant cet exercice. En général, les réponses sont « Non » et « Calme » ou « Attentif » ou une variante de ces deux réponses. Félicitez-les pour leur performance. Voilà, vous avez-fait votre premier exercice de pleine conscience.

Vous pouvez le répéter fréquemment en introduction d’autres exercices ludiques. J’ai personnellement fait une expérience avec mes enfants de 3 et 5 ans qui courraient comme des fous dans la maison comme savent le faire les enfants pleins d’énergie et de vie. J’ai pris mes cymbales et fait tinter celles-ci pendants leur course poursuite. Arrêt immédiat des hostilités, silence et les deux mains qui se lèvent dès que le son s’arrête. Je les félicite et les laissent reprendre leurs jeux.

Il s’agit bien d’un conditionnement classique que l’on peut utiliser pour avoir un temps d’arrêt (plus sympa que de crier) mais surtout pour prendre conscience du moment présent, aussi bien pour eux que pour nous.

D’ailleurs, pour votre bénéfice personnel, vous pouvez toujours programmer des alertes sur votre smartphone pour faire tinter une cymbale à certaines heures pour vous rappeler de faire attention au moment présent et vous sortir de l’automatisme de la journée.

Voici un petit MP3 avec 3 tintements de vase Zen:

Et un lien pour le télécharger: http://blog.nicaise.name/wp-content/uploads/2014/01/vase_zen.wav

Belle journée.

Anorexie et troubles alimentaires: un problème de miroir?

En 2007, une association suédoise qui s’occupait des problèmes d’anorexie et de boulimie avait tourné et diffusé une publicité (voir ci-dessous) qui mettait en avant les problèmes de perception de soi lié à ces terribles maladies. Il me semble qu’une petite piqûre de rappel ne fera pas de tort.

Pour ceux qui trouvent que l’on en fait peut-être trop autour de l’anorexie et de la boulimie, voici quelques chiffres. L’anorexie serait la troisième maladie chronique à l’adolescence aux USA. Elle concerne majoritairement (90%) les femmes et surtout les jeunes femmes entre 10 et 19 ans. La prévalence (le nombre de cas constatés à un instant donné) est estimée entre 0 et 1,5% de la population féminine. On estime aussi qu’entre 0,6 et 4% des femmes souffriront d’anorexie au cours de leur vie. Quasiment une sur 25! (Simon, 2007)

Encore plus inquiétantes sont les statistiques suivantes: selon Franko et al. (2004), 20 à 30% des jeunes filles anorexiques font une tentative de suicide. Selon Fichter, Quadfliegd et Hedlung (2006) ainsi que d’autres études citées par office nationale des statistiques du Canada, entre 5 et 20% (une jeune anorexique sur cinq) décéderait des suites de la maladie (généralement de malnutrition ou par suicide). Avec une prévalence sur la durée de vie de 1% (je reste conservateur) et 5% de cette population qui décède, cela fait 5 femmes pour 10.000 (ou 0,05%) qui décéderaient des suites de cette maladie (si je prend les nombre moins conservateurs, on arrive à 0,8 % de la population féminine). A titre de comparaison, le taux de mortalité par suicide en Belgique en 2005 (Source: OMS) était de 0,028 % (soit 2,8 pour 10.000) et 0,01% (soit 1 pour 10.000) pour les femmes (les chiffres de 2008 fournis par le centre de prévention du suicide sont quasi similaire). Donc, en restant conservateur, on est dans un rapport de 1 à 5. Bien sûr, nous n’avons pas ici les estimations du pourcentage de décès par suicide et par malnutrition chez les anorexiques et les statistiques sur les tentatives de suicides sont peu nombreuses et relativement peu fiables mais, même avec une marge d’erreur de l’ordre de 100% (ce qui est énorme), on arrive et une répartition 50/50 entre les deux causes principales de décès liés à l’anorexie, il semble clair qu’une jeune fille anorexique présente au minimum deux fois plus de risques de décès par suicide et un certain nombre de fois plus de risques de faire une tentative. Le diagnostic n’est donc pas à prendre à la légère. D’autant plus que le taux de rémission totale, la probabilité d’être guéri et de ne pas revivre de nouveaux épisodes, n’est que d’une chance sur deux.

L’image du miroir utilisé par cette publicité n’est pas anodine. L’anorexie (et la boulimie) serait dans certains cas liée à une insatisfaction par rapport à son image corporelle, ce qui expliquerait d’ailleurs peut-être aussi la différence entre hommes et femmes, les hommes ayant plus tendance, selon McCabe & Ricciardelli (2001), à chercher une prise de muscle qu’une perte de poids pour obtenir une satisfaction de leur image corporelle, s’éloignant ainsi des critères diagnostiques de l’anorexie. Notons aussi que l’anorexie la plus fréquente chez les hommes est une anorexie par excès d’exercice physique.

Les canons de beauté imposés par notre société et particulièrement à travers les médias ont bien sûr leurs parts de responsabilités (ne fut-ce déjà dans la genèse de l’insatisfaction par rapport à l’image corporelle). Une étude, que je n’arrive plus à retrouver, semblait même indiquer que la perception de l’image corporelle normale des pères de jeunes filles anorexiques déviait justement de la normale pour tendre vers des morphologies plus minces ou, pour le dire autrement, le père d’une anorexique aurait plus tendance à estimer qu’une jeune fille au corps très mince est dans la moyenne. Intuitivement, tout cela ne semble pas si improbable et difficile à concevoir.

Sans m’étaler sur le sujet, il y a bon nombre de personnes plus qualifiées que moi sur le sujet, il y a donc très probablement un problème de miroir dans les causes de l’anorexie, celui que nous offre la société, notre famille, notre environnement. Je suis parce que tu es. Nous n’existons d’une certaine manière qu’à travers le regard, réel ou que nous supposons, des autres. Lorsque nous cesseront de vénérer, de désirer, des jeunes filles extrêmement mince, de valoriser le corps pour son esthétique plutôt que pour sa bonne santé, nous verront très probablement l’incidence et la prévalence de l’anorexie diminuer fortement.

Références:

Statistiques Canada: troubles des conduites alimentaires: http://www.statcan.gc.ca/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm

Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/anorexie

Simon Y. (2007) « Épidémiologie et facteurs de risque psychosociaux dans l’anorexie mentale », in Nutrition clinique et métabolisme 21, pp 137–142 (disponible sur le site du centre Le domaine: http://www.domaine-ulb.be/documents/programmeanorexieboulimie/articles-scientifiques/epidemiologie-facteurs-psychosociaux.pdf)

Franko DL, Keel PK, Dorer DJ, Blais MA, Delinsky SS, Eddy KT, Charat V, Renn R, Herzog DB. (2004) « What predicts suicide attempts in women with eating disorders? », Psychological Medicine ; 34:843-853.

Fichter MM, Quadflieg N, Hedlund S. (2006) Twelve-year course and outcome predictors of anorexia nervosa. International Journal of Eating Disorders; 39(2):87-100.

McCabe, M., & Ricciardelli, L. (2001). Parent, peer and media influences on body image and strategies to both increase and decrease body size among adolescent boys and girls. Adolescence36(142), 225-240. (disponible sur http://dro.deakin.edu.au/eserv/DU:30001199/mccabe-parentpeer-2001.pdf)

OMS: « Suicide rates per 100,000 by country, year and sex (Table) » disponible sur http://www.who.int/mental_health/prevention/suicide_rates/en/index.html

 

Centre de prévention du suicide: http://www.preventionsuicide.be/view/fr/leSuicide/Tousconcernes/chiffres.html

Psychothérapie: Y a plus long et ça rapporte plus… au psy!

J’ai d’abord pensé titrer cet article « le modèle économique des psychothérapies est-il éthique » et puis je me suis dit que je pouvais probablement trouver moins rébarbatif. Néanmoins, c’est bien d’éthique et de modèle économique (« Business model » comme disent nos amis anglo-saxons) dont je vais parler ici (et je vais encore me faire des amis chez certains confrères et consœurs, je le sens). Qu’est-ce que cela a comme rapport avec le bien-être?

Je ne vais pas essayer de définir ce qu’est un bon psy, je ne suis pas certain que cela soit possible mais je vais me mettre dans une perspective économique, pour le patient, et supposer que le « bon » psy est celui qui nous guérit vite et qui nous coûte le moins cher, in fine!

Je dis souvent en boutade à mes amis que la psychothérapie brève est un mauvais Business model et que j’aurais du faire psychanalyste si j’avais du compter sur mon métier de thérapeute pour vivre. En effet, travaillant dans une perspective thérapeutique brève, visant à redonner l’autonomie et le bien-être à mes patients le plus rapidement possible, à se hâter lentement, je ne vois finalement la majorité de mes patients que quelques fois, généralement toutes les deux ou trois semaines, voir même parfois une seule. Et c’est très bien ainsi!

Cependant, dans une perspective économique, et la grande majorité des psychologues et des psychothérapeutes vivent de leur art, un patient qui va mieux, c’est une rentrée d’argent qui diminue. Bien sûr, avec le temps, le bouche à oreille et un peu de marketing personnel, on peut arriver à avoir une liste d’attente et un nouveau patient remplace rapidement celui qui va désormais mieux. Cependant, ce n’est pas toujours le cas et pour ceux qui ont besoin de ces revenus, un patient qui va bien c’est parfois un estomac qui crie famine.

Un psychanalyste (qui pratique la cure analytique traditionnelle, pas ceux qui s’inscrivent eux aussi dans une perspective brève et qui se font d’ailleurs souvent appeler psychothérapeute psychanalytique ou psychodynamique) par contre, part du principe que la cure prend du temps et que voir son patient deux fois par semaine n’est pas un luxe mais une nécessité. Économiquement, c’est l’équivalent du Win-for-life, une rente à vie. Avec 20 patients, vos semaines et votre portefeuille sont pleins.

Donc, économiquement, la pratique thérapeutique brève ( et ce n’est pas la seule, bon nombre de professions libérales sont dans le même cas),  n’est pas intéressante. En effet, il faut du temps pour se construire une patientèle et que le bouche à oreille fasse de l’effet. Et encore, on ne recommande pas son psy comme son coiffeur, d’ailleurs, il reste encore pas mal de personnes qui n’en parlent quasiment pas et c’est leur droit, c’est leur vie privée.

Le marketing personnel est bien plus efficace pour attirer le patient (qui est, dans une perspective économique dépourvue d’éthique, un consommateur comme les autres) que l’efficience thérapeutique. En effet, le fait d’obtenir les résultats rapides influence probablement moins le nombre de patients qui frappent à la porte du psy que le fait qu’il soit passé à la télévision, ait été cité dans un article de journal, ait une chronique à la radio, un site web bien ficelé ou n’importe quelle autre façon de gérer son image personnelle (et les psychologues savent s’y prendre, ça fait partie de notre formation. D’ailleurs, les psys, on en voit partout et ce blog en est la preuve :o) ).

Heureusement, la grande majorité des psychologues ne font pas ce métier pour l’argent (ils auraient été bien mal conseillés sur ce point là) et ils valorisent plus le bien-être de leur client que celui de leur portefeuille. Si notre morale et nos valeurs ne le font pas déjà, notre déontologie (ha, les grands mots) nous interdit de faire durer le processus thérapeutique au delà du nécessaire (facile à objectiver cela). D’une certaine façon, dans certains cas, le système des soins de santé mentale hors institution (donc chaque séance payée par le patient) met le poids de la durée de la thérapie sur le patient (plus il « traîne » à aller mieux, plus il paie. Certains disent même qu’un tarif élevé pousse le patient à guérir plus vite. J’aimerais que ce soit vrai). En soi, cela permet d’éviter que le patient ne reste en thérapie plus de temps que nécessaire et se « force » à retrouver son autonomie (parfois, on peut trouver confortable d’avoir un endroit où l’on peut simplement se confier). En soi, tant qu’il n’y a pas de remboursement par l’INAMI (sécurité sociale) ou les mutuelles, l’état n’a pas besoin de légiférer sur le sujet. Les mutuelles qui ont initié un remboursement très partiel des séances chez un psychologue ont déjà elles placé la limite à 6 ou 12 séances par an. Hâtons nous (pas trop) lentement!

Pour le psy par contre, financièrement, plus ça dure, plus ça rapporte. Si le patient n’est pas remboursé, cela ne l’impacte pas. Il n’a donc, en dehors de sa morale, de ses valeurs, de son éthique, aucune incitation à faire court, bien au contraire. N’y a t’il pas là un conflit d’intérêts manifeste?

Le débat du remboursement des psychothérapies achoppe d’ailleurs en partie sur ce point. Certains pays qui pratiquent déjà le remboursement des psychothérapies ne le font que pour les praticiens qui utilisent des méthodes ayant une efficacité démontrée scientifiquement (basées sur des preuves scientifiques). On peut discuter cette restriction et ce sera un autre débat que de savoir si l’on doit considérer la psychothérapie comme un art de guérir ou comme une science (ou un peu des deux) et donc de savoir si l’on peut la restreindre à certaines pratiques validées scientifiquement (ce qui ne me semble pas impossible, il faut juste objectiver les critères qui font que l’art fonctionne. Art et science ne sont pas mutuellement exclusifs).

Peut-être verra t’on à un moment une proposition de diminuer le revenu des psys si la thérapie dure trop longtemps (mais quid des cas qui demandent plus de temps) et/ou de faire évaluer la nécessité d’une thérapie longue par un pair (ce qui ne serait pas inutile dans certains cas). Il y a probablement beaucoup à penser sur ce sujet.

La dépression, pour ceux qui ne la comprennent pas!

Comment est-il possible de se laisser aller ainsi? Pourquoi peut-il trouver l’énergie d’aller se balader mais pas de travailler? Qu’est-ce qui ne va pas chez elle, elle n’est pas malade pourtant? Comment peut-on avoir envie d’en finir avec la vie alors qu’on a des enfants que l’on aime?

Ces questions vous vous les posez peut-être si vous avez une personne dépressive ou en « Burn-out » dans votre entourage. Hors, l’Organisation Mondiale de la Santé estime que la dépression affecte environ 350 million de personnes dans le monde, soit une personne sur 20. A l’échelle d’une classe d’école, un enfant du groupe est dépressif (symptômes persistants depuis plus de 6 mois).  Plus inquiétant, selon une enquête de l‘ANADEP en France (2005), 17,8% des personnes interrogées on vécu un épisode dépressif majeur (une période d’humeur triste ou de perte d’intérêt pratiquement toute la journée et presque chaque jour pendant au moins deux semaines) au cours de leur vie. Une personne sur 6 donc! Il est donc plus que probable que vous connaissiez une ou des personnes dépressives ou qui l’aient été dans le passé.

On peut de plus en plus précisément expliquer le processus qui mène à la dépression et au Burn-out mais se limiter à cela, c’est comme vous donner la formule chimique du chocolat, ça ne vous en donne pas la saveur. Hors, c’est sa saveur qui nous intéresse. Cependant, autant je peux partager facilement avec vous un morceau de chocolat (ce qui ne vous donnera toujours pas, malgré tout, la connaissance de l’expérience subjective que j’ai, moi, en mangeant ce même morceau de chocolat) autant personne ne peut réellement partager sa dépression avec vous. C’est d’autant plus vrai que l’on rentre dans le domaine de l’indicible, de ces états que l’on ne comprend pas soi-même, sur lesquels on a beaucoup de difficultés à mettre des mots. Comment faire comprendre aux autres ce qui se passe en nous?

On peut déjà se demander si cela aide et si cela est nécessaire. Peut-être pas, du moins pas directement. Mais, lorsqu’on est dépressif (au sens médical du terme) ou même dans un état dépressif (épisode transitoire de moins de 6 mois), on peut être confronté à l’incompréhension de son entourage, et cela n’aide pas vraiment. D’autant plus qu’il n’y a pas qu’une forme de dépression et que tout le monde ne vit pas un épisode dépressif de la même façon: l’intensité n’est pas la même, le vécu n’est pas le même, les ressources ne sont pas les mêmes.

L’exercice auquel je vais me livrer ici est de vous mettre en contact avec ces petits épisodes dépressifs que la majorité des gens ont déjà expérimentés et qu’on a tendance à mettre de côté, à oublier (bien que la peur de les voir revenir puisse nous hanter de temps en temps). Je vais faire appels à vos souvenirs et à votre imagination. Cela ne vous donnera qu’un avant-goût de ce que peut être une pensée dépressive. Vous n’aurez plus qu’à imaginer cela en augmentant l’intensité, la durée, l’épuisement.

Imaginez que vous êtes dans votre lit. Votre réveil sonne. Ce bruit vous irrite un peu. Vous êtes bien au chaud, encore engourdi. Vous avez du mal à ouvrir les yeux. Vous entendez les bruits des personnes qui vivent avec vous s’activant pour préparer le petit-déjeuner, se laver ou s’habiller.

Vous aimeriez ouvrir les paupières mais vous ne trouvez  pas l’énergie. La lumière qui filtre à travers ce voile de chair est déjà difficile à supporter. Vous imaginez tous les efforts que vous devez réaliser pour vous sortir de ce lit, toute l’énergie que cela demande. Vous êtes bien au chaud, recroquevillé dans votre lit, pourquoi en sortir? Quelle raison peut justifier de se lever, de faire tous ces efforts pour finalement devoir faire face à cette société agressive à laquelle vous ne parvenez pas à donner du sens. Vous n’avez plus l’énergie. Bouger est une épreuve.

Vous entendez que l’on parle de vous: « Pourquoi ne vous levez-vous pas? ». Vous aimeriez vous lever, mais malgré tout l’amour que vous avez pour vos proches, vous n’y arrivez pas, du moins, pas aujourd’hui. Vous vous en voulez d’ailleurs pour cela. Que penses-t’il de vous?  Quel exemple donnez-vous? Vous pensez probablement que vous êtes un poids pour eux.

Des souvenirs de moments désagréables, durant lesquels vous avez blessé des personnes que vous aimez ou durant lesquels vous avez été blessé vous reviennent à ce moment là. Que la vie est dure, que la vie est triste, pensez-vous. « Peut-être seraient-ils mieux sans moi. » « Au moins je ne blesserais plus personne », « Au moins je n’aurais plus à souffrir de ces méchancetés, de mon incompétence, de mon inadaptation à ce monde ».

Vous avez du mal à vous souvenir de la dernière fois où vous avez vraiment été heureux. Vous avez-même du mal à vous rappeler la dernière fois que vous avez ressenti un réel plaisir. Cette torture dure et semble ne pas s’arrêter. Les pensées s’entrechoquent dans votre tête, trop de mots, trop de sensations, trop de douleurs! Sans très bien savoir comment, vous arrivez à vous extirper de votre lit. Les lieux sont vide, tout le monde est parti. Vous prenez le premier truc à mangez que vous trouvez et vous vous mettez devant la télévision. Votre cerveau se met en veille pendant que vous regardez une série. Plus de problème à résoudre, plus d’équation impossible, plus de boucle infinie qui vous ramène systématiquement à votre misère comme Bill Muray dans « Le jour de la marmotte » (Groundhog day).

Est-ce que cela vous parle? Pouvez-vous vous mettre en contact avec vos émotions en lisant cela, en vous imaginant à la place de cette personne? Oui? Bravo, vous venez d’effleurer la dépression du bout du doigt!

 

 

 

Simulez jusqu’à ce que vous le deveniez! Deux minutes pour changer votre vie.

On sait depuis longtemps que l’esprit influence le corps (le psychosomatique) mais on sait aussi depuis pas mal d’années que l’inverse est vrai, bien que l’on semble avoir moins bien assimilé ce concept. Pourtant, comme l’explique Amy Cuddy dans sa présentation TED, changer votre posture pendant deux minutes peux significativement changer votre avenir. Imaginez que vous puissiez changer le résultat d’un entretien d’embauche de négatif à positif. Ou que vous puissiez devenir plus sûr de vous même, plus déterminé, plus passionné et conquérir le coeur de votre alter ego. Tout cela en deux minutes? Adopter des postures reflétant la confiance en soi et le pouvoir, pendant deux petites minutes, augmente votre confiance en vous et diminue votre stress. Avez-vous un meilleur investissement pour votre vie? Deux minutes, pas d’argent à débourser, et cela peut changer le cours de votre vie. Pourquoi le faire? Vous risqueriez de devenir celui ou celle que vous voulez-être!

Comment aider les enfants à s’endormir?

Tout parent peut être confronté, un jour ou l’autre, à un enfant qui peine à s’endormir. Trop excité, préoccupé voir même anxieux ou simplement la tête pleine d’idées, il ou elle n’arrive pas à trouver le sommeil.

Etablir un petit rituel de début de nuit peut grandement aider. S’il est possible qu’il ne soit pas 100% efficace dès le premier soir, il aidera déjà l’enfant à se calmer et à laisser venir le sommeil. Au fil des répétitions, l’enfant s’habituera au rituel et trouvera le calme, la sérénité et les bras de Morphée bien plus rapidement.

J’ai enregistré pour vous une petite séquence qui combine quelques exercices de pleine conscience pour enfants et un peu d’hypnose conversationnelle afin d’aider les enfants à s’endormir. Cette séquence fonctionne avec des enfants dès l’âge de 4 ou 5 ans et parfois même pour les plus jeunes s’ils imitent les plus grands.

C’est un MP3 que vous pouvez écouter sur votre iPhone, MP3 player ou graver sur un CD.

Bonne nuit :o)

sleeping ritual

L’apprentissage de la pleine conscience en un poème

Voici une traduction en Français (provenant de Wikimédiation) d’un poème de Portia Nelson intitulé « Autobiography in 5 acts« . Il résume très bien, à mon sens, l’apprentissage de la pleine conscience.

Chapitre 1

Je marche dans la rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je tombe dedans
Je suis perdue, impuissante
Ce n’est pas ma faute
Il me faut une éternité pour en sortir

Chapitre 2

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je fais semblant de ne pas le voir
Je retombe dedans
Je n’arrive pas à croire que je suis au même endroit
Mais ce n’est pas ma faute
Il me faut encore longtemps pour en sortir

Chapitre 3

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je le vois bien
Je tombe quand même dedans…c’est une habitude
J’ai les yeux ouverts
Je sais où je suis
C’est ma faute
J’en sors immédiatement

Chapitre 4

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
J’en fais le tour

Chapitre 5

Je prends une autre rue