Moins de récompense pour plus de plaisir

Alors que depuis des années des études montrent que le bâton et la carotte ne sont pas toujours (loin de là) la meilleure façon de motiver des personnes, enfants ou adultes (voir, entre autres: Lepper, Greene & Nisbett , 1973; Deci, Ryan & Koestner, 1999; Jonmarshall Reeve in « Understanding Motivation and Emotion », 2005; Daniel Pink in « Drive », 2009), on continue à offrir de gros bonus aux employés pour faire un travail qui devient dès lors de plus en plus un travail et de moins en moins un plaisir. Le simple fait de promettre une récompense à un enfant pour qu’il réalise une action va diminuer le plaisir intrinsèque qu’il pourrait avoir à réaliser cette action de lui-même, même s’il s’agit d’une activité ludique. Ce qui n’est pas le cas si on le récompense (félicite par exemple) par après, sans rien lui avoir promis.

Une des conséquences est donc que les tentatives de renforcer un comportement positif par la promesse de récompenses peuvent mener à un résultat opposé à celui désiré, rendant ce comportement moins attrayant pour la personne. Néanmoins, c’est peut-être une technique que l’on peut utiliser pour rendre certains comportements moins attrayant. Attention que cela a un effet sur les motivations intrinsèques mais qu’il y en a d’autres et qu’il faut donc composer avec l’ensemble. Il me semble peu probable que le fait de promettre une récompense à un enfant chaque fois qu’il rate un examen puisse le motiver à réussir le jour où il ne sera plus rémunéré. Quoi que, ce serait une expérience intéressante à tenter (mais pas chez soi, bien sûr).