Qui a piqué mon fromage ou un petit conte sur l’adaptation aux changements

Cette vidéo est une version française de l’animation basée sur le livre de Spencer Johnson « who moved my cheese? ». C’est un joli conte sur l’adaptation aux changements. Une belle découverte faite grâce à l’un de mes patients (tout ce que l’on apprends de nos patients) que je remercie vivement. Pour tous publics, enfants inclus (les miens ont adorés).

 

S’aimer soi, ça commence maintenant… en vidéo

Dans la lignée des derniers articles, voici deux extraits vidéos qui montrent certaines formes de pensées négatives envers soi-même et comment un thérapeute peut aider à changer les points de vue.

Le premier extrait, en anglais, vient du 7ème épisode de la seconde saison de  « My Mad Fat Diary », montrant un entretien entre Rae, l’héroïne de la série et son psychologue.

Le second est un extrait de Angel-A de Besson avec Jamel Debbouzze.

Parfois, un petit clip vaut mieux qu’un long discours… ou qu’une visite chez le psy.

Amour inconditionnel, sens de la vie et identité

Certains jours, on se lève, on suit notre route habituelle et, sans qu’on s’y attende, on fait une rencontre, une découverte, qui nous secoue, qui nous touche profondément.

Ces rencontres peuvent se faire en face-à-face, lors d’une conférence, à la lecture d’un livre, à l’écoute d’une chanson, au visionnage d’un film ou au visionnage d’une séquence vidéo. Une fois de plus, c’est une présentation TED qui m’a marquée. Et cette fois-ci, c’est plus le coeur que l’intellect qui a été touché. Bien sûr, souvent, quand on est touché par une histoire c’est parce qu’elle se met en résonance avec notre propre histoire. Mais certaines histoires sont universelles, ou du moins, certaines souffrances, certains questionnements. Comme le disait Carl Rogers, c’est lorsque l’on arrive à ce qu’il y a de plus intime, de plus personnel chez l’être humain que l’on touche à l’universel. Pour le dire autrement, au delà de toutes nos différences, nos peurs, nos désirs et nos questionnements les plus fondamentaux sont partagés par la très grande majorité des êtres humains, pour ne pas dire tous. C’est dans l’expression, la réflexion et l’action par rapport à ces questions que nous nous différencions.

Dans son intervention de 2013 « Love, no matter what » (« Aimez, qu’importe ce qui se passe »), l’écrivain américain Andrew Solomon nous parle de l’amour inconditionnel de parents pour leurs enfants, et principalement de parents pour leurs enfants dit « différents ». Amour inconditionnel, acceptation, richesses des différences, bienveillance, autant de thèmes que l’être humain confronté quotidiennement au difficultés de vie des autres que je suis ne peut que chérir tant ils sont les clés d’une vie riche et épanouie.

Découvrant à cette occasion Andrew Solomon, j’ai aussi découvert plus tard ce jour là sa seconde présentation au TED, en 2014: « How the worst moments in our lives make us who we are » (Comment les pires moments de notre vie font de nous ce que nous sommes). Là encore, ses mots ont fait vibrer les cordes sensibles. S’il y a une chose que j’ai apprise avec le temps, c’est que les changements importants dans nos vies sont le résultat d’une émotion forte et pas uniquement d’une pensée et d’une décision rationnelle. Je n’en n’écris donc pas plus et je vous laisse regarder et écouter ces deux merveilleuses interventions en espérant qu’elle vous touche, à un niveau ou un autre, à des degrés divers, et qu’elle vous permette d’avancer plus avant sur votre chemin.

Nos peurs: Amies ou ennemies?

Une collègue vient de me faire parvenir un lien vers un excellent film d’animation, Fears de Nata Metlukh. Il représente très bien notre relation à nos peurs. Nous avons parfois peur de nos peurs. Nous les voyons parfois comme des émotions négatives ou qui nous bloquent, et c’est parfois le cas. Elle n’en sont pour autant pas moins utile. Nos émotions sont porteuses de sens, elles font partie intégrante de nos vies, de ce que nous sommes, de ce qui nous définit. II n’y a qu’en les acceptant, en les écoutant, que nous pouvons trouver l’harmonie et la paix. Bref, 24 images par secondes pendant 2 minutes valent mieux qu’un long discours.

Le contraire d’addiction, c’est connexion…

Dans un très émouvant et très éclairant TED talk, Johann Hari, un journaliste américain, nous fait le bilan de ses recherches sur les dépendances et principalement sur les « addictions » aux drogues.

En résumé, au vu des recherches actuelles, une dépendance devrait plutôt être vue comme un lien que la personne établis avec un objet (la drogue, l’alcool, la nourriture, les jeux, facebook,…) pour ne pas être en lien avec sa vie qui n’est pas plaisante ou qui est simplement dépourvue ou pauvre en liens humains positifs, en amour. C’est un lien de substitution. Et lorsque nous rejetons les « accrocs », nous ne faisons que renforcer leur lien avec l’objet de leur dépendance.

Comme le conclus très joliment Hari, le contraire d’addiction (ou de dépendance), c’est la connexion (ou l’amour inconditionnel).

 

 

Le thérapeute ACT ou la croyance en la possibilité de changement

Egide Altenloh et David Vandenbosch ont commis une très belle et très intéressante vidéo d’une application de la thérapie ACT au thérapeute lui-même et à sa relation à ses clients. Bien sûr il n’y a pas que ça et ce n’est pas universel mais c’est un point de vue auquel je peux m’identifier e et peut-être, cela vous parlera à vous aussi et vous permettra, si vous vous posez des questions sur la différence entre une thérapie ACT et d’autres formes d’approches (ce n’est pas si dichotomique que cela heureusement), d’avoir déjà une piste d’explication.

 

Merci David et Egide pour cette excellente vidéo (comme toujours)

 

Anorexie et troubles alimentaires: un problème de miroir?

En 2007, une association suédoise qui s’occupait des problèmes d’anorexie et de boulimie avait tourné et diffusé une publicité (voir ci-dessous) qui mettait en avant les problèmes de perception de soi lié à ces terribles maladies. Il me semble qu’une petite piqûre de rappel ne fera pas de tort.

Pour ceux qui trouvent que l’on en fait peut-être trop autour de l’anorexie et de la boulimie, voici quelques chiffres. L’anorexie serait la troisième maladie chronique à l’adolescence aux USA. Elle concerne majoritairement (90%) les femmes et surtout les jeunes femmes entre 10 et 19 ans. La prévalence (le nombre de cas constatés à un instant donné) est estimée entre 0 et 1,5% de la population féminine. On estime aussi qu’entre 0,6 et 4% des femmes souffriront d’anorexie au cours de leur vie. Quasiment une sur 25! (Simon, 2007)

Encore plus inquiétantes sont les statistiques suivantes: selon Franko et al. (2004), 20 à 30% des jeunes filles anorexiques font une tentative de suicide. Selon Fichter, Quadfliegd et Hedlung (2006) ainsi que d’autres études citées par office nationale des statistiques du Canada, entre 5 et 20% (une jeune anorexique sur cinq) décéderait des suites de la maladie (généralement de malnutrition ou par suicide). Avec une prévalence sur la durée de vie de 1% (je reste conservateur) et 5% de cette population qui décède, cela fait 5 femmes pour 10.000 (ou 0,05%) qui décéderaient des suites de cette maladie (si je prend les nombre moins conservateurs, on arrive à 0,8 % de la population féminine). A titre de comparaison, le taux de mortalité par suicide en Belgique en 2005 (Source: OMS) était de 0,028 % (soit 2,8 pour 10.000) et 0,01% (soit 1 pour 10.000) pour les femmes (les chiffres de 2008 fournis par le centre de prévention du suicide sont quasi similaire). Donc, en restant conservateur, on est dans un rapport de 1 à 5. Bien sûr, nous n’avons pas ici les estimations du pourcentage de décès par suicide et par malnutrition chez les anorexiques et les statistiques sur les tentatives de suicides sont peu nombreuses et relativement peu fiables mais, même avec une marge d’erreur de l’ordre de 100% (ce qui est énorme), on arrive et une répartition 50/50 entre les deux causes principales de décès liés à l’anorexie, il semble clair qu’une jeune fille anorexique présente au minimum deux fois plus de risques de décès par suicide et un certain nombre de fois plus de risques de faire une tentative. Le diagnostic n’est donc pas à prendre à la légère. D’autant plus que le taux de rémission totale, la probabilité d’être guéri et de ne pas revivre de nouveaux épisodes, n’est que d’une chance sur deux.

L’image du miroir utilisé par cette publicité n’est pas anodine. L’anorexie (et la boulimie) serait dans certains cas liée à une insatisfaction par rapport à son image corporelle, ce qui expliquerait d’ailleurs peut-être aussi la différence entre hommes et femmes, les hommes ayant plus tendance, selon McCabe & Ricciardelli (2001), à chercher une prise de muscle qu’une perte de poids pour obtenir une satisfaction de leur image corporelle, s’éloignant ainsi des critères diagnostiques de l’anorexie. Notons aussi que l’anorexie la plus fréquente chez les hommes est une anorexie par excès d’exercice physique.

Les canons de beauté imposés par notre société et particulièrement à travers les médias ont bien sûr leurs parts de responsabilités (ne fut-ce déjà dans la genèse de l’insatisfaction par rapport à l’image corporelle). Une étude, que je n’arrive plus à retrouver, semblait même indiquer que la perception de l’image corporelle normale des pères de jeunes filles anorexiques déviait justement de la normale pour tendre vers des morphologies plus minces ou, pour le dire autrement, le père d’une anorexique aurait plus tendance à estimer qu’une jeune fille au corps très mince est dans la moyenne. Intuitivement, tout cela ne semble pas si improbable et difficile à concevoir.

Sans m’étaler sur le sujet, il y a bon nombre de personnes plus qualifiées que moi sur le sujet, il y a donc très probablement un problème de miroir dans les causes de l’anorexie, celui que nous offre la société, notre famille, notre environnement. Je suis parce que tu es. Nous n’existons d’une certaine manière qu’à travers le regard, réel ou que nous supposons, des autres. Lorsque nous cesseront de vénérer, de désirer, des jeunes filles extrêmement mince, de valoriser le corps pour son esthétique plutôt que pour sa bonne santé, nous verront très probablement l’incidence et la prévalence de l’anorexie diminuer fortement.

Références:

Statistiques Canada: troubles des conduites alimentaires: http://www.statcan.gc.ca/pub/82-619-m/2012004/sections/sectiond-fra.htm

Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale: http://www.inserm.fr/thematiques/neurosciences-sciences-cognitives-neurologie-psychiatrie/dossiers-d-information/anorexie

Simon Y. (2007) « Épidémiologie et facteurs de risque psychosociaux dans l’anorexie mentale », in Nutrition clinique et métabolisme 21, pp 137–142 (disponible sur le site du centre Le domaine: http://www.domaine-ulb.be/documents/programmeanorexieboulimie/articles-scientifiques/epidemiologie-facteurs-psychosociaux.pdf)

Franko DL, Keel PK, Dorer DJ, Blais MA, Delinsky SS, Eddy KT, Charat V, Renn R, Herzog DB. (2004) « What predicts suicide attempts in women with eating disorders? », Psychological Medicine ; 34:843-853.

Fichter MM, Quadflieg N, Hedlund S. (2006) Twelve-year course and outcome predictors of anorexia nervosa. International Journal of Eating Disorders; 39(2):87-100.

McCabe, M., & Ricciardelli, L. (2001). Parent, peer and media influences on body image and strategies to both increase and decrease body size among adolescent boys and girls. Adolescence36(142), 225-240. (disponible sur http://dro.deakin.edu.au/eserv/DU:30001199/mccabe-parentpeer-2001.pdf)

OMS: « Suicide rates per 100,000 by country, year and sex (Table) » disponible sur http://www.who.int/mental_health/prevention/suicide_rates/en/index.html

 

Centre de prévention du suicide: http://www.preventionsuicide.be/view/fr/leSuicide/Tousconcernes/chiffres.html