Faut-il être psychologue pour être psychothérapeute?

En 2012, sur un forum professionnel auquel je participe, la question de l’intérêt d’avoir une formation de psychologue (formation universitaire de 5 ans) pour être psychothérapeute fut posée. J’avais répondu à l’époque sur ce forum et copié une partie de cet échange ici. Ce 3 janvier 2016, j’ai édité cet article pour le remettre au goût du jour en intégrant la nouvelle loi sur la pratique de la psychologie clinique et de la psychothérapie. Bien que les exigences légales soient nettement plus claires qu’elles ne l’étaient à l’époque, certaines questions abordées ici restent d’actualité.

Légalement, en Belgique, à ce jour (janvier 2016), le titre de psychothérapeute n’est pas encore protégé mais l’arrêté royal qui vise à protéger la pratique de la psychologie clinique et de la psychothérapie devrait prendre effet dans le courant du mois de juin si notre chère ministre de la santé ne vient pas rajouter son grain de sable à un dossier qui a mis près de 20 ans à trouver une solution. A ce jour, la pratique du diagnostic clinique en santé mentale et de la psychothérapie, l’art de guérir la souffrance mentale, s’inscrivent dans les pratiques de la médecine (réservée aux médecins donc) ce qui provoque un problème juridique certain, d’autant que ni les psychologues ni les « psychothérapeutes » ne sont considérés comme des professionnels de la santé. Le psychothérapeute n’étant pas « reconnu » officiellement (alors que de facto il l’est par les médecins et les clients), sa pratique ne peut être remboursée par l’INAMI et la belle réduction du coût de la sécurité sociale que cela pourrait engendrer (en augmentant l’utilisation des psychothérapies à la place des médicaments) ne peut être mis en place. Un casse-tête institutionnel qui est compliqué par des disparités nord-sud qui sont plutôt le reflet de différences de modèles théoriques que de problèmes linguistiques.

La loi du 4 avril 2014 (dite loi Muylle) définit désormais des conditions claires pour l’exercice de la psychologie clinique ainsi que pour l’obtention d’une habilitation à la pratique de la psychothérapie. Cette dernière étant subordonnée à une formation supérieure de type court (graduat ou bachelor) en psychologie, soins infirmiers ou assistantes sociales (il y a un peu plus de formations reconnues que celles là) ainsi que d’un cursus en psychopathologie et une formation dans l’une des quatre orientations reconnues par le conseil supérieur de la santé (Systémique, cognitivo-comportementale, centrée sur la personne et psychodynamique). Notez que la psychanalyse à réussi à ne pas se faire considérer comme une pratique psycho-thérapeutique (ce qui a du sens vu le manque de preuve scientifique de l’efficacité de la psychanalyse classique). Notez aussi qu’il y a une différence entre la psychanalyse classique (couché sur le divan, 3 à 5 séances par semaines pendant plusieurs années) et les pratiques psychodynamiques qui s’inspirent de la psychanalyse au départ mais ont évolué vers une approche plus pragmatique et plus courte.

Pour en revenir à la loi Muylle, elle n’est pas parfaite mais permet déjà de mettre un peu d’ordre dans un secteur qui est malheureusement gangrené par quelques charlatans qui jettent le discrédit sur l’ensemble de la profession. Néanmoins le débat est toujours en cours et chacun vient avec son dogme, réfutant le point de vue de l’autre, désirant conserver une autonomie voire une hégémonie sur le secteur et bloquant ainsi l’avancement du processus, au détriment des clients, des personnes en souffrance, bien-sûr.

Comme souvent le débat est en fait une lutte de pouvoir. Cependant il y a des réelles questions qui se posent et qui devront trouver réponse à l’avenir pour le bien des clients (ou patients, selon l’école). Ces questions sont probablement plus philosophiques que politique mais pas sans incidence sur cette dernière. Voici une copie de mon intervention sur le forum dont je faisais mention au début de cet article. Malgré le temps qui a passé depuis lors (bientôt 4 ans), ces questions me semblent toujours pertinentes. Si quelqu’un veut y apporter son éclairage, il est évidemment le bienvenu.

Voici déjà la question posée: « Selon vous, quelle est l’importance de la formation de psychologue dans le cadre de l’accompagnement ? Thérapeute psy ou non psy – coach psy ou non psy ? Quelle est la valeur ajoutée du diplôme de psychologue dans ces activités (i.e. coaching et thérapie) ? Est-ce nécessaire ? »

Suivi de ma réponse:

« C’est une question que je me pose depuis bien longtemps et je n’ai pas (encore) une réponse bien arrêtée sur le sujet mais j’ai déjà quelques éléments de réponse. La formation universitaire de psychologue (clinicien ou non) ne vise pas à former des psychothérapeutes mais bien des « chercheurs » en psychologie (qui est l’étude scientifique du psychisme, du fonctionnement cognitif et des comportements). 

Les formations privées ou universitaires en psychothérapies forment à un (parfois, mais rarement des) modèle(s) et des techniques qui y sont liées et à superviser les « étudiants » dans leur pratiques de ces techniques (je ne m’étendrai pas sur le coût de ces formations et sur le lobby que font certaines, pour ne pas dire toutes les plus importantes ou les mieux représentées – ça tient presque des sectes ou des mafias parfois). 

Les études scientifiques sur l’efficacité des psychothérapies (faites par des psychologues, dont une grande majorité, de par leur formations, sont influencés par un modèle ou un autre, il peut donc y avoir des biais dans ces études, mais certains chercheurs en tiennent compte, heureusement) semblent indiquer que la technique, le modèle thérapeutique utilisé, compte pour moins de 15% dans les facteurs de succès d’une psychothérapie. Le reste étant des facteurs principalement liés à la capacité du psychologue à l’empathie, à créer du lien, à croire en son patient, à être « présent » dans la relation. Ces « qualités » du psychologue ne sont pas développées par un apprentissage théorique mais bien par une pratique répétée, des expériences de vie, un travail sur soi même. Notez que ces pratiques et expériences ne sont pas l’apanage de la psychothérapie ou du cadre thérapeutique et aussi que tout le monde ne part pas du même niveau. De par leur environnement, leur chemin de vie, leur acquis et l’inné, certaines personnes ont « naturellement » développé ces qualités (ou certaines) sans devoir suivre de formation (si ce n’est celle de la vie et de la relation à autrui). 

De plus, une approche « intégrée » (utilisant les différents modèles) semble plus efficaces (et certaines études indiquent que près de 80% des psychologues psychothérapeutes utilisent un mélange de techniques et de modèles dans leur pratique) mais les formations de ce type (intégrées) sont peu fréquentes. Notons aussi que selon certaines études, certains modèles sont plus efficaces pour traiter certains types de problématique (pour ma part j’ai rarement rencontré de clients avec un seul type de problème et avec lequel je ne pouvais pas faire une interprétation multiple des « symptômes » ou des comportements observés et des causes probables) 

Moins scientifiquement, plus au niveau « philosophique », je me demande si j’ai été un moins bon psy (il faudrait encore définir ce que c’est) au début de ma carrière, avant que je ne suive toute une série de formations que maintenant, ou que demain (ou plus tard)? Quand aurai-je du commencer à pratiquer, si ce fut le cas? 

On peut donc se poser la question de l’adéquation de formations que se concentrent sur des apprentissages « techniques » (qui comptent pour 15% du résultat) et négligent ou minimise le développement des qualités personnelles. 

On peut donc se demander si il faut laisser faire les praticiens de modèles farfelus qui ne sont efficaces que de par les facteurs interpersonnels (mais c’est déjà énorme) mais qui peuvent aussi s’avérer tout à fait inefficace?

Etant un pragmatique, je me demande aussi si on peut faire n’importe quoi au nom de l’efficacité. Je m’explique: si j’utilise une technique X qui fonctionne parce qu’elle utilise les facteurs d’efficacité d’une technique Y mais entourée d’un emballage différent (un peu comme les tours de magie), est-ce que c’est éthique, sachant que l’efficacité est quasi identique mais que 80% de ma technique n’est pas nécessaire pour être efficace mais elle donne un côté magique (ou vendeur, ou qui correspond mieux aux croyances de mes clients)? 
Et quant à l’utilité des formations de psychologues? Je n’ai pas encore trouvé beaucoup de non-psychologues qui se posent les questions ci-dessus, qui essaient de tenir compte des facteurs anthropologiques, neurologiques, sociologiques, éthiques, etc. La formation n’est pas suffisante pour être psychothérapeutes mais elle me semble bien être un (strict) minimum pour faire ce métier. 

Comme le disait un de mes professeurs, le psychologue est un chercheur face à chacun de ses patients, il doit remettre le modèle en question en permanence et ne pas essayer de valider le modèle à tout prix. Je pense néanmoins qu’on a encore du pain sur la planche pour se remettre en cause. Il y a encore énormément de dogmes enseignés dans nos formations universitaires. Un peu plus de philosophies des sciences ne nous ferait pas de tort. 

La psychologie (et la psychothérapie) n’est pas une science exacte mais cela ne l’empêche pas d’être une science. Il ne faut pas oublier cependant qu’une science n’est pas un ensemble de savoir mais bien une méthode, un principe de remise en question permanente et d’examen des faits en faisant abstraction des croyances et des dogmes. »

 

Sur cela, Egide Altenloh qui a lancé la question répond:

« ..A mon sens, la formation de psychologue permet de donner un semblant de garantie que la personne qui l’a suivi a un peu de recul critique par rapport au(x) modèle(s) théorique(s) au(x)quel(s) elle se réfère et s’intéresse en partie à ce que raconte les recherches sur l’efficacité des thérapies et intègre les résultats dans une réflexion de sa pratique, voir une remise en question de celle-ci. 

Il faut particulièrement faire attention aux formations privées (je le sais, j’en donne 😉 ). On y trouve de tout : je vous renvoie au scandale de 2007 où un institut de formation en « thérapie de l’âme », dirigé par une personne enregistrée comme « homme de ménage », a défrayé la chronique. 

A mon sens, les risques de tomber sur un manipulateur intégriste voir religieux (ou scientiste) sont réduits quand le thérapeute/formateur a une formation de psychologue. Cette opinion n’engage que moi bien entendu 🙂 »

 

Ce qui amène le complément de réponse de ma part que voici:

« Risques réduit mais loin d’être inexistant, malheureusement. Et j’ai plus d’un exemple en tête. Quand je vois un Astrologue-psychologue (je prend l’exemple parmi tant d’autres), je me demande si c’est un désir de s’inscrire dans les croyances du patient (comme peut le faire l’ethnopsychiatrie) ou simplement d’utiliser les croyances pour se faire un peu plus d’argent. C’est juste une question. Il me semble qu’on flirte avec les pseudo-sciences et la manipulation (bien que les psychothérapeutes peuvent aussi utiliser la manipulation pour aider leurs patients à s’engager dans un changement). La question est finalement: en quoi cette manipulation améliore la vie de mon client et respecte t’elle son libre arbitre, sa liberté individuelle. 

Bon, je m’égare (mais ça reste dans le sujet: le questionnement scientifique et a-dogmatique de sa pratique que la formation du psychologue doit – idéalement – lui avoir inculqué) »

Comme vous pouvez le voir, la question est loin d’être simple et je n’ai fait que de donner un résumé de quelques points qui rentrent en compte (ne parlons pas du point de vue économique et des risques sectaires).

 

Quelques références et articles intéressant sur le sujet:

Comment vont les Belges?

La mutualité socialiste Solidaris a publié la première partie de son Baromètre sur la « santé mentale » des Belges en Juin 2012 (Solidaris – Le thermomètre des Belges – Juin 2012). L’étude conduite par téléphone début 2012 s’est concentrée sur les belges francophones. Comme pour toute étude de ce type, la représentativité des résultats peut être discuté mais la marge d’erreur annoncée semble réaliste et les chiffres sont suffisamment significatifs que pour être pris en compte. Je ne vous ferai pas la revue de l’ensemble des résultats mais certains m’ont marqués. En premier, subjectivement, 10% de la population se sent dépressif ou angoissé la grande majorité du temps. 52% de la population ne ressent l’un de ces états que rarement ou jamais. Ce qui laisse donc 48% de la population qui ressent de l’anxiété ou un état dépressif (subjectivement) de temps en temps ou fréquemment.

Testé par téléphone à l’aide d’un test standardisé (PHQ-9), 50% des répondants n’étaient pas dans un état dépressif, 34% en dépression légère, 11% en dépression modérée et 5% en dépression sévère ou modérément sévère. Les belges semblent donc assez bon à juger de leur état de santé mentale (du moins en ce qui concerne la dépression). Ce qui est plus inquiétant, c’est que 12% de la population interrogée déclare avoir déjà pensé à se suicider (14% des femmes et 15% des parents célibataires, les familles mono-parentales). 8% déclare même avoir déjà fais une tentative de suicide (jusqu’à 18% chez les demandeurs d’emploi et dans les familles mono-parentales, chiffre étonnant chez ces derniers vu qu’ils ne sont que 15% à déclarer avoir eu des idées de suicide).

Plus alarmant pour les psys, lorsque l’on suggère aux personnes en difficulté des démarches possibles lorsqu’ils se sentent mal, la majorité (67%) pensent qu’aller voir un médecin généraliste est une bonne idée (en effet) mais seulement 41% pensent la même chose du psychologue (et encore moins s’il s’agit d’un psychiatre – 26%, d’un psychanalyste – 25% ou d’un psychothérapeute non psychologue ou psychiatre).

Même si le psychologue est le spécialiste de la santé mentale le plus fréquemment consulté (43%), les répondants en besoin d’aide psychologique ont souvent des difficultés à savoir à qui s’adresser et 67% ne savent pas exactement quelle est la différence entre un psychologue, un psychiatre et un psychothérapeute. Parmi les raisons évoquées pour expliquer la difficulté ou la réticence à s’adresser à un « psy », ne pas savoir à qui s’adresser est cité dans 88% des cas, à quelle type de personne s’adresser dans 76% des cas et dans 62% des cas, la personne mentionne que « ce sont tous des charlatans ». Notre profession, malgré les nombreuses preuves scientifiques de l’efficacité des psychothérapies et le sérieux de nombreux collègues, souffre donc d’un problème sévère d’image qui, de plus, rend l’accès à une assistance de qualité plus difficile pour une grande partie de la population dans le besoin d’aide.

Pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre psychologues, psychiatres et psychothérapeutes, je vous réfère aux pages de mon site qui donnent une rapide explication sur le sujet, afin de pouvoir vous y retrouver un peu plus; Cliquez ici

Les psychologues ont donc clairement un devoir d’éducation, de communication,  d’explication, de transparence. J’espère que ce blog et mon site y contribuent un tant soit peu. Si vous êtes perdu malgré tout, la fonction presque première du psychologue est probablement l’orientation. N’hésitez pas à en contacter un. Ne fut-ce que par téléphone ou par email, un psychologue doit pouvoir répondre à vos questions  Si vous n’avez pas confiance, n’hésitez pas non plus à contacter votre médecin traitant. Si par hasard il n’est pas très versé dans les questions de santé mentale (les généralistes ne peuvent pas tout connaître en profondeur), il peut très probablement vous renseigner un psychologue en qui il a confiance.

 

 

Gnothi seauton

Je vous propose 3 citations que je vous invite à méditer.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers » (probablement de Chilon de Sparte, du moins pour la partie Connais-toi toi-même)

« Ce qui est le plus personnel est le plus général » (Carl Rogers dans « Le développement de la personne »)

« La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de quelque chose » (Jidu Krishnamurti dans « Se libérer du connu »)

L’hypnose: état de conscience modifié ou ensemble de techniques de persuasion?

Sur le site de l’ECSO (European Council of Skeptical Organisations) je suis tombé (presque par hasard) sur un article de 2008 de Michael Heap dans lequel il fait la synthèse des études scientifiques récentes (en 2008 du moins) portant sur l’hypnose, et plus précisément sur la nature du phénomène hypnotique. Pour résumer, le débat qui anime les chercheurs et les pratiquants de l’hypnose porte sur l’existence d’un état de conscience modifié « induit » par l’hypnose et conférant des caractéristiques particulières aux mécanismes psychiques du sujet (théorie étatique) OU sur la validité de l’hypothèse contraire qui postule que l’hypnose n’est qu’une sorte de jeu de rôle auquel se soumet « volontairement » le sujet (théorie non-étatique donc).

Je suis personnellement plus convaincu par la théorie non-étatique et même plus précisément par les théories socio-cognitive qui supposent que les effets de suggestibilité de l’hypnose peuvent être expliqué par des paradigmes de cognition-sociale ou, pour le dire plus simplement, par l’utilisation que fait l’hypnose, et probablement encore plus l’hypnose eriksonnienne, de techniques « d’influence sociale ». Le taux de conformisme des sujets aux ordres de l’expérimentateur dans des expériences du même type que celles menée par Stanley Milgram dans le cadre de ses recherches sur la soumission à l’autorité pourraient déjà expliquer à lui seul une bonne partie du phénomène hypnotique.

Si, comme le fait remarquer Heap, les recherches scientifiques semblent assez nettement pointer vers les théories non-étatiques de l’hypnose, les techniques de persuasion utilisée n’en restent pas moins efficace, au delà de l’effet Placebo. On peut cependant noter que l’induction hypnotique ne semble pas avoir d’effet marquant d’augmentation de la suggestibilité (la capacité du sujet à répondre positivement aux suggestions de l’expérimentateur ou de l’hypnotiste) chez les sujets. La suggestibilité semble d’ailleurs être un phénomène relativement stable au niveau intra-individuel. Chez les personnes hautement suggestible, l’induction hypnotique pourrais néanmoins avoir un effet bénéfique et un état de conscience modifié pourrait être réellement atteint par ces personnes. Quoi qu’il en soit, il semble assez probable que cet « état » hypnotique ne soit pas une condition sine qua non pour obtenir une efficacité thérapeutique. Comme d’habitude, la science se préoccupe généralement de statistiques et le praticien de cas individuels, ce qui est vrai pour l’un ne l’est donc pas forcément pour l’autre.

Cet article (en Anglais) de Heap est donc fort intéressant pour ceux qui veulent faire le point sur le sujet.

Voici quelques liens et références bibliographiques sur le sujet:

L’article de Heap sur le site de l’ECSO:
http://www.ecso.org/topics/psychology/19-hypnosis-the-modern-scientific-perspective
Le même article sur le site de Michael Heap (mais qu’il peut mettre à jour):
http://www.mheap.com/nature%20of%20hypnosis.html

Un résumé en français des différentes théories visant à expliquer l’hypnose:
http://www.hypnosisandsuggestion.org/les-th%C3%A9ories-scientifiques-de-lhypnose.html

ainsi que quelques livres (dont certains incontournables) qui vous permettrons de faire des liens:


Le classique « Soumission à l’autorité »
de Stanley Milgram
Broché: 270 pages
Editeur : CALMANN-LEVY; Édition : Calmann-Lévy (1 avril 1994)
Collection : Liberté de l’esprit
Langue : Français
ISBN-10: 2702104576
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Le « Manuel d’hypnose pour les professions de santé »
de Didier Michaux, Yves Halfon et Chantal Wood (qui comprend aussi un passage sur les théories étatiques/non-étatiques et pas mal d’études scientifiques -ou presque- sur l’hypnose)
Broché: 302 pages
Editeur : Maloine (12 septembre 2007)
Langue : Français
ISBN-10: 222402911X
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Le classique « Influence et Manipulation : Comprendre et Maîtriser les mécanismes et les techniques de persuasion »
de Robert Cialdini (qui vous permettra de faire le parallèle entre les techniques d’hypnose et celles d’influence sociale)
Broché: 318 pages
Editeur : First Editions; Édition : édition revue et augmentée (11 février 2004)
Collection : Documents
Langue : Français
ISBN-10: 2876918749


ou encore le « Yes ! : Devenez un as de la persuasion en 50 leçons »
de Noah Goldstein, Steve Martin et Robert Cialdini (qui reprend 50 techniques d’influences illustrées par des exemples ou des expériences qui ont permis de mettre les phénomènes d’influence en lumière – et qui se lit sans faim)
Broché: 273 pages
Editeur : Editions L’Express (5 juin 2008)
Collection : Les guides réussite l’Entreprise
Langue : Français
ISBN-10: 2843435668
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Un jeu vidéo pour soigner les adolescents dépressifs

Sally Merry et ses associés viennent de publier dans le très sérieux British Medical Journal   un article sur l’étude d’efficacité du jeu vidéo SPARX, développé par cette même équipe, comme outil thérapeutique pour permettre à des adolescents de lutter contre la dépression et l’anxiété.

SPARX est un jeu de type Heroic-Fantasy en 3D, assez classique de nos jours, qui utilise des principes de thérapie cognitivo-comportementale classique qui sont « enseignés » par le jeu aux adolescents.

L’étude menée consistait à proposer à 187 adolescents entre 12 et 19 ans, dépressifs ou anxieux, soit un traitement en thérapie cognitivo-comportementale classique, soit de jouer pendant 4 à 7 semaines à SPARX (sans autre forme de traitement). 170 furent évalués directement après le traitement puis 168 de ces adolescents le furent aussi 3 mois après celui-ci.

Les résultats montrent que le traitement  à l’aide de SPARX offre une réduction des symptômes dépressifs (évalués à l’aide d’une échelle de dépression classique et validée de longue date) équivalente voire même supérieure à celle d’un traitement Cognitivo-Comportemental classique (44% du groupe de jeu sont sortis de la dépression contre 26% pour le groupe de thérapie), qui est déjà un des traitement de choix pour ce type de pathologie.

Selon le site internet de SPARX, le jeu sera probablement bientôt disponible en téléchargement gratuit ou via un CD à bas prix (probablement en Anglais uniquement, le site ne mentionnant pas d’autres langue)

Références:

 

Les progrès des sciences comportementales

Sur Social Science Space, le Dr Tony Biglan a publié un article très intéressant (Rejoinder to Gary Guttings Doubts about the Behavioral Sciences) en réaction à un article du Professeur de philosophie Gary Guttings dans lequel il mettait en doute la validité des expériences des sciences sociales comportementales et, de ce fait, à nous aider dans la noble quête d’un monde meilleur.

En dehors du débat philosophique auquel contribue cet article, Biglan nous livre au passage une revue non exhaustive mais néanmoins très intéressantes des progrès et découvertes des dernières décennies en intervention familiale ou scolaire (quelques liens fort intéressants sont fournis vers des articles sur de nouveaux protocoles d’interventions à destination des enfants et des parents), politique sociale et en sciences comportementale, citant l’exemple de l’ACT pour lequel plus d’une cinquantaine d’études aléatoire ont montré une efficacité dans le traitement de différents problèmes et souffrances.

L’article est en Anglais et à lire sur http://www.socialsciencespace.com/2012/05/rejoinder-to-gary-guttings-doubts-about-the-behavioral-sciences/

EMDR: Etat des recherches scientifiques

Dans un article du NewYork Times, Francine Shapiro répond aux questions que des lecteurs lui ont posé. A cette occasion, elle nous offre une très belle revue de la littérature scientifique sur l’EMDR, la comparaison avec les thérapies cognitives, les questions sur le rôle du mouvement des yeux, etc.

http://consults.blogs.nytimes.com/2012/03/02/the-evidence-on-e-m-d-r/

Boite à outil pour construire la paix

L’Université de Paix met à disposition du public une « boite à outil » comprenant une série de fiches d’exercices visant à développer une gestion positive des conflits, une meilleure communication, une meilleure écoute. Ces outils sont destinés à un public varié allant de jeunes enfants (Maternelle) aux adultes. A utiliser sans modération.

http://www.universitedepaix.org/ressources/boite-a-outils

La présence thérapeutique

Un article intéressant sur ce que certains appellent la présence thérapeutique. J’aime appeler cela une relation thérapeutique en pleine conscience mais le terme présence me parle aussi. Ça reste dans l’esprit rodgerien, ça rejoint la pratique de la pleine conscience, la thérapie par l’analyse fonctionnelle, la thérapie d’acceptation et de l’engagement et l’hypnose. C’est une certaine façon de conceptualiser une certaine manière d’être thérapeute dans laquelle je me reconnais personnellement comme ce sera probablement le cas pour d’autres thérapeutes. Je recommande la lecture de la phase de préparation à la présence thérapeutique, on peut parfois avoir tendance à oublier de prendre soin de soi pris comme on peut l’être par notre pratique.

http://www.sharigeller.ca/pdfs/Presence_therapeutique.pdf

L’évaluation des modèles psychothérapeutiques

Comme beaucoup de mes confrères consciencieux, j’attache une grande importance à l’efficacité des techniques que j’utilise, sans tomber dans le travers d’une recherche de rendement absolu qui pourrait déboucher sur une précipitation ou une course contre la montre. Dans un monde dans lequel l’efficacité et la rentabilité sont des maîtres mots, la psychothérapie doit aussi offrir la possibilité de prendre le temps nécessaire, de prendre son temps, du temps pour soi. Hâtons-nous lentement.

Néanmoins, il me semble important d’utiliser de bons outils et de les utiliser à bon escient. Le psychologue / psychothérapeute commence par identifier les souffrances et les fonctionnements qui peuvent les causer puis il choisit le ou les outils qui vont l’aider à amener un mieux-être au patient. Tout comme le maçon ne va pas utiliser sa truelle pour vérifier la rectitude de son mur mais plutôt un fil de plomb, le psy sélectionne les outils les plus appropriés à la situation. Assez logiquement, ce choix s’effectue sur base de l’analyse du problème et de ses causes probables (le diagnostic) et aussi des sensibilités du patient et du thérapeute. L’expérience, les formations et les connaissances du psychothérapeute guident naturellement ses choix mais il reste néanmoins des biais possible (échantillon limité, connaissances limitée des techniques, compétences personnelles, etc.). Bien sûr, le psychologue consciencieux se remet fréquemment en question et essaie de porter un regard critique sur sa pratique et de s’ouvrir aux avancées des recherches en la matière. Il me semble bénéfique pour tout le monde, psychothérapeutes et patients, d’évaluer les progrès et le ressenti de chacun dans la relation thérapeutique. Mais les progrès de nos propres patients ne peuvent être le seul indicateur de la valeur de l’outil ni une raison pour ne pas se questionner.

Pour stimuler cette remise en question et l’utilisation de techniques qui font l’objet d’une recherche et d’une validation scientifique, certains pays, dont les Pays-Bas, ont même décidé de ne plus rembourser que les interventions psychologiques utilisants des outils dont l’efficacité est démontré scientifiquement, ce que les anglophones appellent « evidence-based psychotherapies ».

En tant que psychologue pragmatique pratiquant la psychothérapie, je m’intéresse à l’efficacité des différents modèles ou techniques afin de pouvoir rester ouvert à la diversité et néanmoins ne pas devenir prisonnier d’une mode ou d’un dogme. Ce n’est pas parce que on ne possède pas encore d’explication sur la façon dont une technique fonctionne qu’il faut la rejeter, du moins, si l’on peut prouver qu’elle donne des résultats positifs dans de nombreux cas, qui sont durables et qu’elle ne risque pas de faire du mal à certains (ce qui est souvent négligé). De plus, il est aussi bon de connaitre les indications et contre-indications de ces techniques. Si je prend l’exemple de l’hypnose eriksonnienne, bien que son cadre et son fonctionnement soit relativement bien théorisé, on a peu d’explications validées scientifiquement de son mode de fonctionnement mais on possède suffisamment de preuves de son efficacité que pour l’utiliser de manière adéquate et optimale. On peut en dire presque tout autant de l’EMDR.

Néanmoins, il n’est pas facile de s’y retrouver dans l’ensemble de ses techniques et de savoir lesquelles sont « validées » ou non. L’American Psychological Association a heureusement créé un site qui reprend les differents catégories de diagnostics cliniques et de techniques / méthodes thérapeutiques et en donne l’état de la recherche et l’adéquation de l’une comme moyen de traitement de l’autre. Bien sûr, toutes les techniques n’ont pas été testées, les psychanalystes n’étant, par exemple, pas très enclins à soumettre leur pratique à l’épreuve de la science et certaines techniques / méthodes récentes n’ont pas encore bénéficiées d’un grand nombre de recherche de par leur jeunesse. Le site n’en reste pas moins une excellente source d’information sur le sujet: http://www.psychology.sunysb.edu/eklonsky-/division12/ ou www.psychologicaltreatments.org