L’apprentissage de la pleine conscience en un poème

Voici une traduction en Français (provenant de Wikimédiation) d’un poème de Portia Nelson intitulé « Autobiography in 5 acts« . Il résume très bien, à mon sens, l’apprentissage de la pleine conscience.

Chapitre 1

Je marche dans la rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je tombe dedans
Je suis perdue, impuissante
Ce n’est pas ma faute
Il me faut une éternité pour en sortir

Chapitre 2

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je fais semblant de ne pas le voir
Je retombe dedans
Je n’arrive pas à croire que je suis au même endroit
Mais ce n’est pas ma faute
Il me faut encore longtemps pour en sortir

Chapitre 3

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
Je le vois bien
Je tombe quand même dedans…c’est une habitude
J’ai les yeux ouverts
Je sais où je suis
C’est ma faute
J’en sors immédiatement

Chapitre 4

Je marche dans la même rue
Il y a un grand trou dans le trottoir
J’en fais le tour

Chapitre 5

Je prends une autre rue

« Hackers », histoire d’enfants à hauts-potentiels?

Je viens de découvrir le manifeste du Hacker (« The Hacker Manifesto »), un petit texte écrit par Loyd Blankenship, un des premiers Hacker célèbre, juste après qu’il fut arrêté en 1986. Ce texte fut publié dans Phrack, un magazine électronique de et pour les Hackers et est depuis considéré comme la ligne de conduite à suivre pour certains Hacker qui se reconnaissent dans ce texte.

A la lecture de celui-ci, je ne peux m’empêcher d’y voir l’histoire et le discours d’enfants à hauts-potentiels. Voici une traduction française fournie par Abraxasz sur le Site du Zéro:

Un autre s’est fait avoir aujourd’hui, ils en parlent dans tous les journaux. « Arrestation d’un adolescent dans une affaire de Cyber Criminalité », « Hacker arrêté pour fraude bancaire ».

Saleté de gosses. Tous les mêmes.

Mais avez vous au moins essayé de laisser de côté vos psychologie coincée et vos technocervelle des années 50, et de regarder le monde à travers les yeux d’un hacker? Vous êtes-vous déjà demandé ce qui le motivait, quelles étaient les forces qui l’avaient forgé, ce qui l’avait façonné?

Je suis un Hacker, entrez dans mon monde.

Mon monde commence à l’école… Je suis plus intelligent que la plupart des autres gamins, ces conneries qu’ils nous enseignent m’ennuient profondément.

Saleté de sous-doués. Tous les mêmes.

Je suis au collège ou au lycée. C’est la quinzième fois que le prof explique comment réduire une fraction. Ça fait un moment que j’ai compris. « Non, Mme Smith, je n’ai pas détaillé le raisonnement, je l’ai fait de tête… »

Saleté de gosse. Il a probablement copié. Tous les mêmes.

J’ai fait une découverte aujourd’hui. J’ai trouvé un ordinateur. Attend, mais c’est cool ce truc. Il fait exactement ce que je lui demande de faire. S’il fait une erreur, c’est parce que j’ai merdé. Pas parce qu’il ne m’aime pas… Pas parce qu’il a peur de moi… Pas parce qu’il pense que je suis un petit malin… Ni parce qu’il n’aime pas enseigner et qu’il devrait changer de métier…

Saleté de gosse. Il ne pense qu’à s’amuser. Tous les mêmes.

Et puis c’est arrivé… une porte c’est ouverte sur un monde nouveau… J’envoie un signal … il traverse les lignes téléphoniques comme de l’héroine dans les veine d’un drogué… je cherche un refuge contre la médiocrité de ce monde… et puis je trouve une planche de salut. « Ça y est… j’ai trouvé ma place… » Ici, je connais tout le monde… même si je ne les ai jamais rencontré, ne leur ai jamais parlé, et n’entendrai peut-être jamais plus parler d’eux… Je vous connais tous.

Saleté de gosse. Encore en train de préparer un mauvais coup. Tous les mêmes…

Évidemment qu’on est tous les mêmes, abruti… à l’école, vous nous donniez le biberon alors que nous vous réclamions de la chair… les rares bouts de viande que vous avez daigné nous donner étaient prémachés et fades. Nous avons été tour à tour dominés par des sadiques, ou ignorés par des mollassons. Les rares personnes qui avaient réellement quelque chose à enseigner on tous trouvé en nous des élèves motivés, mais ce sont comme des gouttes d’eau dans le désert.

A présent, ce monde est le notre… le monde de l’électron et du switch, la beauté du Baud. Nous utilisons sans payer un service qui devrait valoir que dalle s’il n’était contrôlé par des compagnies avares de profits, et vous nous traitez de criminels… Nous explorons… et vous nous traitez de criminels. Nous recherchons la connaissance… et vous nous traitez de criminels. Nous existons sans distinction de couleur de peau, sans nationalité, sans dogmatisme religieux… et vous nous traitez de criminels. Vous construisez des bombes atomiques, vous financez des guerres, vous assassinez, vous trichez, vous nous mentez et essayez de nous faire croire que c’est pour notre bien, mais c’est nous les criminels…

Oui, je suis un criminel. Mon crime c’est d’être curieux. Mon crime c’est de juger les gens d’après ce qu’ils disent et pensent, au lieu de m’arrêter aux apparences. Mon crime c’est d’être plus intelligent que vous, et ça, vous ne me le pardonnerez jamais.

Je suis un Hacker, et ceci est mon manifeste. Vous pouvez attraper l’un d’entre nous, mais vous ne ne pourrez jamais tous nous arrêter… après tout, nous sommes tous les mêmes.

Peut-être que certains se reconnaîtrons eux-aussi dans ce texte (sans pour autant être ou vouloir devenir un pirate informatique) ou peut-être d’autres comprendront mieux une connaissance, un ami.

Les Hackers, des zèbres comme les autres?

Deuil et tradition

Pour commencer, voici une citation de Gustav Malher : « La tradition, c’ est transmettre le feu, pas vénérer les cendres. »

En relisant cette métaphore je ne peux m’empêcher de faire un lien entre tradition, souvenirs et deuil. Il me semble que la façon de vivre un deuil, à un certain moment, peut s’apparenter à l’une ou a l’autre de ses deux propositions. La question qu’on ne se pose peut-être pas lorsque l’on est dans cette situation, c’est probablement de savoir le sens que l’on veut donner à ce deuil: vénérer un souvenir, une absence, ou transmettre ce qui animait l’être perdu, ce qui le passionnait? Qu’est-ce qui est important pour vous, a ce moment là?

Quand j’écris « être perdu », il me semble que cela vaut aussi pour nos illusions, nos idéaux ou nos attentes dont on doit parfois faire le deuil avec une souffrance parfois tout aussi forte.

Gnothi seauton

Je vous propose 3 citations que je vous invite à méditer.

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers » (probablement de Chilon de Sparte, du moins pour la partie Connais-toi toi-même)

« Ce qui est le plus personnel est le plus général » (Carl Rogers dans « Le développement de la personne »)

« La liberté est un état d’esprit, non le fait d’être affranchi de quelque chose » (Jidu Krishnamurti dans « Se libérer du connu »)

Make it count!

Une petite vidéo promotionnelle pour le nouveau Nike Fuel Band. Non, je ne suis pas sponsorisé mais, comme ce fut souvent le cas par le passé, Nike a commandé des vidéo qui peuvent inspirer certaines personnes. Un petit florilège de citations:

« Life is either daring adventure or nothing at all » (Hellen Keller)
« You only live once but if you do it right, once is enough » (Mae West)
« Above all, try something » (F. D. Roosevelt)
« I never worry about the future, it comes soon enough » (Albert Einstein)
« One who makes no mistakes, makes nothing at all » (Giacomo Casanova)
« In the end it is not the years in your life that counts, it’s the life in your years » (Abraham Lincoln)
« If I’d followed all the rules, I’d never gotten anywhere » (Maryline Monroe)
« Action expresses priorities » (Gandhi)

http://www.youtube.com/watch?v=WxfZkMm3wcg

Si…

Un très beau poème de Kipling (un classique) que j’ai envie de partager avec vous:

If

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: « Hold on! »

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds’ worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And -which is more- you’ll be a Man, my son!

et une traduction française (par Jules Castier) en vers:

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l’air trop bon ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, – sans faire des rêves ton pilastre ;
Si tu penses, – sans faire de penser toute leçon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par des coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, – en un seul coup –
Et perdre – et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
Si tu forces ton cœur, tes nerfs, et ton jarret
À servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,
Hormis la Volonté qui ordonne : « Tiens bon ! »

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, – bien mieux – tu sera un Homme, mon fils.

Ou celle-ci d’André Maurois, moins littérale, mais très inspirante aussi:

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

 

Tous des génies

« Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide » (Albert Einstein)

Provenant d’un personnage symbolisant le génie humain, cette citation semble plus acceptable que si elle venait du « commun des mortels ». Néanmoins, il ne me semble pas que cette pensée soit partagée par un grand nombre de personnes, y compris dans la communauté scientifique. Elle est acceptée fort souvent, et le modèle des intelligence multiple de Gardner y a probablement fortement contribué, mais elle ne me semble pas intégrée tant il est encore fréquent d’entendre cité des exemples de hauts-potentiels intellectuels comme représentants ou images prototypiques de la douance. Pourtant, on peut difficilement contester le génie (et j’emploie volontairement le terme à la place des termes « hauts-potentiels », vu qu’il me semble que le potentiel est pleinement réalisé) de personnages tels Mozart, Magritte, Picasso, Pietragalla, Rodin ou Desproges. Il est vrai que ces formes d’expressions de l’intelligence sont complexes, subjectives et difficiles à quantifier. N’oublions pas qu’actuellement, la notion de haut-potentiel se base principalement sur une notion statistique considérant les personnes d’une population qui sont les plus performant dans certains domaines, et généralement, les 2,2% qui se situent au-delà de deux écart-type par rapport à la moyenne sur une courbe gaussienne.

Dès lors, il me semble difficile de classer des prestations artistiques ou humoristiques et d’identifier les hauts-potentiels dans ces domaines. Ça semble possible pour l’intelligence musicale, plus difficile pour le visuo-spatial (bien qu’il y a des tests existants) et franchement complexe pour l’humour, l’expression corporelle ou les arts plastiques. Si on glisse vers les performances sportives, la notion de haut-potentiel devient encore plus difficile à objectiver. Pourtant, ils sont nombreux dans le monde à voir du génie dans les performances de Bubka, Beckham, Pelé, Clijsters, Valera, Tissier, Popov et autres. D’ailleurs, ces sportifs et/ou combattants utilisent des capacités intellectuelles qui sont mesurables individuellement mais qui ne s’expriment à leur paroxysme que lorsqu’elles sont combinées à leur créativité, leur psychomotricité voire encore d’autres « potentialité ». Bien sûr, comme le modèle de la douance et du talent de Françoys Gagné le souligne, le don n’est pas suffisant, il faut qu’il puisse se développer dans un cadre propice et avec le travail ou l’entrainement nécessaire. Tous les êtres doués ne seront pas talentueux, comme semble l’indiquer une des études réalisée par Lewis Terman, l’inventeur du QI (qui était encore à l’époque le résultat du rapport entre l’âge mental et l’âge réel de la personne, tout un programme), dans le courant des années 1920.

Si l’on veut pousser la réflexion vers l’absurde, on peut se demander ce qu’il en serait si nous devions considérer la performance à certains jeux vidéo, au poker, à la construction de châteaux de sable, de maquettes en allumettes ou je ne sais encore quoi d’autre comme critères de mesure d’un potentiel? Bien sûr nous retrouverions une série de processus cognitif qui sont de mieux en mieux isolés par les neuro-cognitivistes et nous retrouverions probablement des capacités élevées dans d’autres domaines, les potentiels dans les différentes formes d’intelligence étant sous-tendus par un facteur commun (appelé facteur G) qui semble être plus ou moins présent (important) selon les processus cognitifs impliqués. On peut quantifier la performance de certains processus cognitifs isolés ou en groupes et ainsi identifier les personnes qui présentent des performances supérieures hors-normes, que nous appellerons les hauts-potentiels. C’est ce que permettent, en partie du moins, des tests comme ceux proposés par Wechsler, le WAIS ou le WISC. Cependant, nous n’avons probablement pas encore identifié et/ou quantifié tous les processus cognitifs à l’œuvre dans cette magnifique machine qu’est notre cerveau. Les critères actuellement utilisés pour « identifier » les hauts-potentiels ne sont donc pas exhaustifs.

En soit, on peut d’ailleurs se demander qu’elle est la nécessité d’identifier toutes les formes de haut-potentiel. Il y a là de vraies questions d’ordre philosophique et politique. Les tests de performances intellectuelles comme les échelles de Wechsler trouvent leur utilité dans l’analyse plus ou moins fine qu’ils fournissent quant au fonctionnement intellectuel / cognitif de l’individu et donc, de là, la capacité de discerner les causes de problèmes d’apprentissage scolaire ou de fonctionnement intellectuel. En dehors de cela, l’utilisation de ces tests pour discriminer une population, voire pour la stigmatiser, me semble hautement discutable et sujet à un questionnement éthique, et ce, que ce soit pour le haut-potentiel ou pour les déficiences intellectuelles. C’est d’autant plus questionnable qu’il arrive fréquemment qu’on utilise le haut-potentiel pour expliquer certaines caractéristiques émotionnelles et sociales de ces individus. Hors, ces caractéristiques ne leurs sont pas réservées et ne sont pas systématiquement présente. La diversité des types de personnalité que l’on retrouve parmi les hauts-potentiels est probablement aussi grande que dans le reste de la population. Il est cependant vrai que certaines caractéristiques sont plus fréquentes parmi les HP que d’autres (perfectionnisme, hypersensibilité, sens aigu de la justice, etc.). Elles ne sont cependant pas systématiquement présentes, faut-il le rappeler, et une investigation de la personnalité est la seule façon d’évaluer ces caractéristiques, tout comme pour le reste de la population. Le haut-potentiel intellectuel est une caractéristique qui ne définit pas la personnalité même si elle peut l’influencer. Il est donc nécessaire de laisser les stéréotypes de côté et de considérer les personnes à haut-potentiel dans leur individualité et leurs spécificités « hors normes ».