Archives de la catégorie : Articles grand public

Deuil et tradition

La tradition, c’ est transmettre le feu, pas vénérer les cendres. » En relisant cette métaphore je ne peux m’empêcher de faire un lien entre tradition, souvenirs et deuil. Il me semble que la façon de vivre un deuil, à un certain moment, peut s’apparenter à l’une ou a l’autre de ses deux propositions. La question qu’on ne se pose peut-être pas lorsque l’on est dans cette situation, c’est probablement de savoir le sens que l’on veut donner à ce deuil: vénérer un souvenir, une absence, ou transmettre ce qui animait l’être perdu, ce qui le passionnait? Qu’est-ce qui est important pour vous, a ce moment là? Quand j’écris « être perdu », il me semble que cela vaut aussi pour nos illusions, nos idéaux ou nos attentes dont on doit parfois faire le deuil avec une souffrance parfois tout aussi forte.]]>

Remboursement des psychothérapies: une belle économie en perspective!

Analyses épidémiologiques et socio-économiques de la situation des psychothérapies en France, en vue de propositions sur les politiques de remboursement des psychothérapies« . Cette thèse (que vous pouvez trouver en version intégrale sur le site de l’université Paris Descartes) avait comme objectif d’analyser les données épidémiologiques de la santé mentale en France et d’estimer le rapport coût-bénéfice d’un remboursement des psychothérapies (non-médicamenteuses) effectuées par des psychothérapeutes (titre reconnu depuis peu en France qui n’est attribué qu’aux médecins, psychologues et à certains psychanalystes ayant suivi une solide formation complémentaire). En se basant sur les chiffres du programme IAPT (Improving Access for Psychological Therapies) en Angleterre et Better access to mental health careen Australie, et en tenant compte du coût moyen d’une psychothérapie en France à l’heure actuelle et de différents scénarios (jouant entre-autres sur les taux de remboursement qui pourraient être pratiqués et le pourcentage de personnes consultant un psychiatre qui accepteraient de consulter un psychothérapeute), Dezetter a extrapolé les dépenses que ces mesures engendreraient pour la sécurité sociale et les économies qu’elles lui rapporteraient. Voici un petit extrait parlant du résumé de la thèse: « Pour le suivi moyen de 10 séances (troubles anxieux) à 18 séances (dépression majeure), le coût de la prise en charge psychothérapeutique annuelle s’élèverait à 514 millions d’euros, dont 308M€ pour le régime obligatoire, pour traiter 1,033 million de français, soit 2,3% de la population. L’estimation des coûts directs et indirects induits par les troubles de santé mentale courants et évitables après le suivi psychothérapeutique fait apparaître que pour 1€ investi dans le traitement psychothérapeutique, le ratio coût-bénéfice s’élèverait, selon la symptomatologie, entre 1,14€ et 1,95€ épargnés à la collectivité. » En France, ces 514 millions d’Euros d’investissement pourraient donc rapporter près d’un milliard à la collectivité. Rapporté à la Belgique, d’une simple règle de trois, on peut supposer qu’un investissement de 100 millions d’Euros pourrait en rapporter plus de 200, toutes choses étant égales (ce qui n’est bien sûr pas le cas). Néanmoins, ça vaut la peine de se pencher sur la question (ce que le SPF santé et la ministre font, vu que ce sont eux qui ont communiqué ces chiffres récemment lors d’un colloque sur la collaboration entre médecins généralistes et psychologues). Le pas le plus compliqué à franchir reste à définir ce que sont les psychothérapeutes reconnus en Belgique. Et là, malheureusement, de nombreux lobbys bloquent le processus depuis près d’une vingtaine d’année.]]>

Comment vont les Belges?

Solidaris – Le thermomètre des Belges – Juin 2012). L’étude conduite par téléphone début 2012 s’est concentrée sur les belges francophones. Comme pour toute étude de ce type, la représentativité des résultats peut être discuté mais la marge d’erreur annoncée semble réaliste et les chiffres sont suffisamment significatifs que pour être pris en compte. Je ne vous ferai pas la revue de l’ensemble des résultats mais certains m’ont marqués. En premier, subjectivement, 10% de la population se sent dépressif ou angoissé la grande majorité du temps. 52% de la population ne ressent l’un de ces états que rarement ou jamais. Ce qui laisse donc 48% de la population qui ressent de l’anxiété ou un état dépressif (subjectivement) de temps en temps ou fréquemment. Testé par téléphone à l’aide d’un test standardisé (PHQ-9), 50% des répondants n’étaient pas dans un état dépressif, 34% en dépression légère, 11% en dépression modérée et 5% en dépression sévère ou modérément sévère. Les belges semblent donc assez bon à juger de leur état de santé mentale (du moins en ce qui concerne la dépression). Ce qui est plus inquiétant, c’est que 12% de la population interrogée déclare avoir déjà pensé à se suicider (14% des femmes et 15% des parents célibataires, les familles mono-parentales). 8% déclare même avoir déjà fais une tentative de suicide (jusqu’à 18% chez les demandeurs d’emploi et dans les familles mono-parentales, chiffre étonnant chez ces derniers vu qu’ils ne sont que 15% à déclarer avoir eu des idées de suicide). Plus alarmant pour les psys, lorsque l’on suggère aux personnes en difficulté des démarches possibles lorsqu’ils se sentent mal, la majorité (67%) pensent qu’aller voir un médecin généraliste est une bonne idée (en effet) mais seulement 41% pensent la même chose du psychologue (et encore moins s’il s’agit d’un psychiatre – 26%, d’un psychanalyste – 25% ou d’un psychothérapeute non psychologue ou psychiatre). Même si le psychologue est le spécialiste de la santé mentale le plus fréquemment consulté (43%), les répondants en besoin d’aide psychologique ont souvent des difficultés à savoir à qui s’adresser et 67% ne savent pas exactement quelle est la différence entre un psychologue, un psychiatre et un psychothérapeute. Parmi les raisons évoquées pour expliquer la difficulté ou la réticence à s’adresser à un « psy », ne pas savoir à qui s’adresser est cité dans 88% des cas, à quelle type de personne s’adresser dans 76% des cas et dans 62% des cas, la personne mentionne que « ce sont tous des charlatans ». Notre profession, malgré les nombreuses preuves scientifiques de l’efficacité des psychothérapies et le sérieux de nombreux collègues, souffre donc d’un problème sévère d’image qui, de plus, rend l’accès à une assistance de qualité plus difficile pour une grande partie de la population dans le besoin d’aide. Pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre psychologues, psychiatres et psychothérapeutes, je vous réfère aux pages de mon site qui donnent une rapide explication sur le sujet, afin de pouvoir vous y retrouver un peu plus; Cliquez ici Les psychologues ont donc clairement un devoir d’éducation, de communication,  d’explication, de transparence. J’espère que ce blog et mon site y contribuent un tant soit peu. Si vous êtes perdu malgré tout, la fonction presque première du psychologue est probablement l’orientation. N’hésitez pas à en contacter un. Ne fut-ce que par téléphone ou par email, un psychologue doit pouvoir répondre à vos questions  Si vous n’avez pas confiance, n’hésitez pas non plus à contacter votre médecin traitant. Si par hasard il n’est pas très versé dans les questions de santé mentale (les généralistes ne peuvent pas tout connaître en profondeur), il peut très probablement vous renseigner un psychologue en qui il a confiance.    ]]>

Peut-on tout dire à son psychologue?

secret professionnel. Comme le décrète l’article 458 du code pénal belge, ce qui est dit dans le cadre de la relation client-psychologue est donc strictement confidentiel et ne peut être révélé par le psychologue (à moins d’entrer dans le cadre des exceptions prévues par la loi à l’article 458bis du code pénal, à savoir afin de prévenir un crime contre un enfant ou une personne faible). Aussi, le simple fait que vous consultiez un psychologue peut être considéré comme une information relevant de la loi sur la protection de la vie privée. Une des conséquence de cela, par exemple, est que certains psychologues, dont je fais partie, n’inscrivent le nom du client que sur l’exemplaire du reçu qu’ils lui remettent à la fin de la séance afin de lui laisser le choix de communiquer cette information à quelqu’un d’autre, en l’état, la mutuelle. Il n’y a en effet aucune raison pour laquelle un contrôleur des contributions ou un comptable ne doivent avoir accès à cette information. Notez aussi que l’article 458bis s’applique pour des faits ou pour une présomption forte d’un risque réel pour l’intégrité physique d’une personne. Le fait que vous puissiez, par exemple, penser à supprimer votre  belle-mère (quant à prendre un exemple, autant pêcher dans les stéréotypes), ne signifie pas qu’en exprimant cette envie, votre psychologue va, immédiatement après votre départ, appeler la police pour les informer d’un crime imminent. Loin s’en faut. Si le cadre légal vous protège donc contre d’éventuelles indiscrétions, il n’en reste pas moins que vous n’avez aucune obligation à raconter les moindres de vos pensées à votre psychologue. Pour pousser la réflexion à l’extrême  rien ne vous empêche d’aller chez un psychologue, de vous asseoir et de ne rien dire. Tout au plus le psy peut vous signifier ses difficultés à fonctionner dans cette situation, s’il en a, voire éventuellement refuser de prolonger les séances s’il ne pense pas être capable de faire face à ce mutisme. En dehors de cela, même si ce n’est probablement pas la manière qui soit la plus « efficace » d’entamer une thérapie (en encore, cela dépend du référentiel du professionnel que vous avez choisi), c’est votre argent. Si vous avez besoin de rester muet avec votre psy pendant 33 séances, ainsi soit-il! Donc, vous n’êtes pas obligés de parler (même si la très grande majorité des clients le font, voire même par signe s’ils sont muets) et vous êtes encore moins obliger de dévoiler vos pensées les plus secrètes, aucun psychologue ne devrait vous faire cette demande. Dévoiler vos pensées, quelles soient intimes ou banales, ne doit être que le résultat d’un choix et/ou d’un désir de partager des pensées, des souvenirs, des émotions avec la personne que vous avez choisie pour vous accompagner dans un processus thérapeutique. Certaines expériences, certaines émotions, certains ressentis sont d’ailleurs indicibles. Ils ne peuvent que difficilement être partagé. Ce n’est pas nécessaire d’ailleurs. Parfois une évocation, un silence, un dessin, un regard, une parabole, un geste, une métaphore, une expression ou une musique feront tout aussi bien l’affaire. La présence du thérapeute pour son client, le partage de cet espace, de ce temps, cette attention qui lui est entièrement consacrée et l’acceptation entière par le psychothérapeute et le client (s’il le peut) de ce qui se produit durant ces instants là sont déjà des facteurs clé de la relation thérapeutique. Ce qui est là est là et c’est parfait ainsi. Bien sûr, parfois, certaines histoires voudraient s’exprimer au grand jour, trouver une oreille attentive et bienveillante pour les entendre mais la bouche ne peut, ne veut les raconter. Parfois, ces histoires nous font souffrir et nous ne voulons pas les partager de peur de voire cette douleur augmenter voire même de la transmettre à celui qui la recevra.  Notre cerveau peut alors nous inonder de pensées: « Peux-tu narrer l’inénarrable? Comment pourrais-tu transmettre ce fardeau à cet autre, si prévenant, si sensible à tes émotions, si présent pour toi? Comment oserais-tu lui avouer ta honte et sa cause ? Tu vas t’effondrer, te répandre en pleurs! ». Notre cerveau à une kyrielle  de pensées qui peuvent justifier le silence. De là à dire qu’elles sont toutes justes. N’exagérons pas! Le psychologue, tout aussi emphatique qu’il soit, ne peut ressentir ce que vous ressentez à l’écoute de votre histoire. C’est sa force et sa faiblesse. Il peut, bien sûr, percevoir vos émotions, imaginer vos souffrances et, peut-être, en effet, se remémorer des moments difficiles de son propre passé. Mais il a choisi d’être là, il a décidé d’accueillir ces/ses émotions. Elles sont ses outils. Bien plus que les théories et les modèles, les émotions du psychothérapeutes sont des ressources cruciales pour son travail. C’est pour cette raison que le travail personnel du psychothérapeute, celui qu’il fait sur lui-même, est aussi important, si pas plus, que le temps qu’il passe à acquérir de nouvelles compétences ou à augmenter ses connaissances théoriques. Vous pouvez donc lui confier votre secret sans vous soucier de savoir s’il va s’effondrer. Pour résumer, vous pouvez tout dire à votre psychologue cependant vous n’êtes pas obligé de le faire. Cependant, si vous hésitez à partager quelque chose de difficile de peur que votre psychologue ne puisse le gérer, n’oubliez pas que c’est son métier et que cela fait partie de ses compétences.]]>

Changer son vocabulaire pour changer sa vie?

un article de  Anthony Robbins, un entrepreneur et auteur américain spécialisé dans le leadership et la psychologie de la performance. Dans cet article intitulé « Changé votre vocabulaire, changer votre vie: l’outil le plus simple que je connaisse pour transformer immédiatement la qualité de votre vie » (ma traduction), Robbins explique comment il a découvert que le fait de changer les mots qu’il utilise pour décrire ses émotions influence la façon dont il vit ces émotions. Derrière l’anecdote, on peut mettre en relation cet article avec un bon nombre d’articles et de recherches scientifiques sur le lien entre vocabulaire et émotions, voire, plus largement, sur notre perception du monde. Des études suggèrent l’existence d’un lien entre la capacité à gérer ses émotions et nos capacités linguistiques, voire plus spécifiquement l’étendue de notre vocabulaire émotionnel (entre-autres Eisenberg, Sadovsky & Spinrad – 2005; Cohen & Mendez – 2009) ainsi que l’état de la recherche sur l’alexithimie ou aussi, comme on peut le supposer assez intuitivement, la capacité des mots à susciter des émotions consistantes avec le mot évoqué (entre-autres Feldman Barrett, Gross, Conner Christensen & Benvenuto – 2001). La théorie des cadres relationnels (TCR; théorie sur laquelle se fonde en partie l’ACT) explique comment les mots conduisent à éviter les évènements psychologiques douloureux (Villates & Monestes – 2010). Comme nous le montre aussi les recherches sur la psychologie de la persuasion, le choix des mots influencent notre probabilité d’agir dans un sens ou un autre. Les mots dits ou les implications de ces mots influencent notre conception du monde. On peut donc aisément se représenter la boucle de rétroaction qui génère notre expérience émotionnelle:

Evénement -> Réaction émotionnelle (physiologique) -> Cognition de l’émotion -> Association à un mot -> influence du mot sur l’émotion perçue -> ajustement de l’émotion et/ou de sa cognition -> etc.

On peut facilement imaginer comment un vocabulaire restreint peut influencer notre perception de nos émotions. Si, hypothétiquement, je n’ai que le concept de « furieux » et « frustré » pour décrire ma colère, il est fort probable  que je serai fréquemment « furieux » vu que je manquerai de concepts pour décrire et me représenter mes états émotionnels intermédiaires. Si je me dis que je suis triste, je peux avoir la représentation que je suis triste maintenant ou, aussi, que je suis triste tout le temps, ou parfois, etc.  Notons aussi que « je suis triste » est différent de « je ressens de la tristesse en ce moment » qui n’implique pas un état global (je me définis comme étant triste, entièrement) mais bien le ressenti d’une émotion (que l’on peut associer à un état partiel) transitoire. Cette dernière formulation aura probablement un effet différent sur notre conceptualisation de notre expérience et donc, in fine, de nos réactions à cette expérience. Il me semble, intuitivement, plus facile d’éprouver un sentiment positif juste après m’être dit « je ressens de la tristesse maintenant » que lorsque je me dit « je suis triste », qui implique un état que je perçois comme plus durable. Bien sûr, ce ne sont que des mots mais ce sont ces mots qui sculptent notre perception du monde et de notre réalité psychique. On peut donc aussi facilement imaginer comment le fait d’ajouter des mots de vocabulaires pour définir des états intermédiaires dans notre perception des émotions peut interrompre une spirale négative. Si au lieu de me dire « je suis furieux », je me dit « je ressens un sentiment scrogneugneu » (bougon avec un côté « amusant » dû au mot), je vais probablement avoir un sourire (même intérieur) qui va modifier positivement ma perception de mon expérience. Entraînez-vous donc à trouver de nouveaux noms ou synonymes à vos expériences émotionnelles, vous permettant de les discriminer avec plus de précision, de sensibilité  voire aussi d’humour :o) Je vous renvoie aussi à la petite présentation ci-dessous sur le côté magique des mots et surtout de certains.   http://youtu.be/eMjUlLb3pcc]]>

De la construction sociale de la maladie mentale

http://www.ethnopsychiatrie.net/stengusagers.htm) mais j’aimerais en extraire quelques réflexions ou plutôt vous faire part de celles qu’il m’a inspiré ou rappelé. D’abord, il nous rappelle les risques liés aux diagnostiques, aux étiquettes. Donner un nom à une situation, à un état, c’est déjà la réduire, la simplifier à un plus petit dénominateur commun qui ne peut en donner une image correcte. C’est donc aussi, modifier cette réalité, cet état. Modifier la perception que l’on en à mais probablement aussi modifier l’état observé (c’est ce que nous rappelle une des conséquences du principe d’incertitude d’Heisenberg, on ne peut observer un phénomène sans l’influencer) ou ce que l’on pourrait appeler une co-construction dans l’intersubjectivité de la réalité. Ce phénomène est aussi mis  en évidence par l’observation de l’effet Rosenthal (ou pygmalion) qui nous montre comment nos croyances peuvent influencer nos comportements et celui de notre entourage, que ce soient des élèves ou des rats de laboratoire. Mettre une étiquette, émettre un diagnostique, est donc un acte fort, rempli de conséquences. De là, on peut se demander aussi pourquoi des groupements d’usagers (ou aussi de « malades ») veulent absolument être reconnus comme tels. Cette recherche de reconnaissance, qui peut être porteuse de sens, d’un sens co-construit avec la société et ses experts en maladies, est aussi probablement une des conditions de leur enfermement dans cet état, cette situation, cet usage, cette maladie. C’est en tout cas ce que remarquait Sylvie  Tordjman dans un article sur les enfants à haut-potentiel que je vous soumettait il y a quelques mois (ici). L’étiquette peut nous enfermer dans une réalité (une perception de la réalité) qui ne laisse pas suffisamment de place au bien-être de l’individu. Ce mécanisme de co-construction de la réalité du symptôme et du mal-être est probablement à l’œuvre dans toute les relations thérapeutiques. La relation thérapeutique salutaire est probablement celle qui amène le patient à construire (ou plutôt co-construire, avec le thérapeute ainsi qu’avec son entourage) une nouvelle réalité qui lui soit plus favorable. Que ce soit par la métaphore en hypnose, la méditation, l’association libre et la reformulation ou le recadrage en thérapie psychodynamique, les tâches thérapeutiques en systémique ou la défusion et le travail sur les valeurs en ACT (voire même par les interprétations de la réalité que peuvent donner l’astrologie ou la kinésiologie), la thérapie est un espace de reconstruction, de co-construction de la réalité. Si l’on accepte ces prémisses, on comprend mieux encore l’importance de la relation thérapeutique, des croyances, des affinités et des représentations, dans le chemin vers un mieux-être (notion subjective elle aussi) ou plutôt la création de ce mieux-être. Il reste néanmoins important de rester conscient des limites de notre perception de la réalité et de nos connaissances. C’est cette connaissance de nos limites, des règles du jeu pour utiliser une métaphore, qui est notre clé pour plus de liberté.  ]]>