Octobre sera le mois de la méditation #mindfulness

Du 1er au 31 octobre 2015 aura lieu, sur Internet, The Mindfulness Summit. 31 jours d’interview, de présentations et de pratiques de la médiation et de la pleine conscience avec un ensemble d’intervenants qui ont tous contribué à faire connaître la méditation de pleine conscience au grand public. On y retrouvera entre autres Jon Kabat-Zinn, Jack Kornfield, Daniel Goleman, Russ Harris et Mirabai Bush.

L’événement est gratuit et entièrement en anglais. L’inscription se fait sur http://themindfulnesssummit.com/.

A ne pas manquer pour ceux qui s’intéresse à de près sujet ou à ceux qui sont curieux.

Le thérapeute ACT ou la croyance en la possibilité de changement

Egide Altenloh et David Vandenbosch ont commis une très belle et très intéressante vidéo d’une application de la thérapie ACT au thérapeute lui-même et à sa relation à ses clients. Bien sûr il n’y a pas que ça et ce n’est pas universel mais c’est un point de vue auquel je peux m’identifier e et peut-être, cela vous parlera à vous aussi et vous permettra, si vous vous posez des questions sur la différence entre une thérapie ACT et d’autres formes d’approches (ce n’est pas si dichotomique que cela heureusement), d’avoir déjà une piste d’explication.

 

Merci David et Egide pour cette excellente vidéo (comme toujours)

 

Comment faire s’endormir bébé (et les enfants aussi)?

S’il y a une difficulté à laquelle la plupart des jeunes parents doivent faire face plus ou moins régulièrement (on est pas tous égaux dans ce domaine) c’est un bébé, ou aussi un enfant, qui à des difficultés à s’endormir seul dans son lit.

Si vous êtes jeune parent, il vous est probablement déjà arriver de passer votre début de soirée à bercer bébé dans vos bras, à lui chanter une berceuse, à lui faire des caresses ou à essayer de l’endormir près de vous. Lorsque c’est épisodique, de n’est pas toujours un moment facile, lorsque c’est régulier, ça peut vite devenir un cauchemar ou le moment que vous redoutez chaque soir.

Est-ce que la psychologie peut nous aider dans ce cas-là, ou que peut-elle nous apprendre d’utile? Malheureusement, les sciences psychologiques ne nous donnent pas de mode d’emploi pour les enfants et vous êtes très certainement la ou le plus grand expert mondial en ce qui concerne le vôtre. Néanmoins, il y a quelques constats que l’on peut garder à l’esprit qui peuvent nettement réduire le temps et l’énergie que vous allez consacrer à cette activité.

Les bébés sont des éponges à émotions, ils perçoivent les émotions de leur entourage et probablement encore plus celles de leurs parents. Lorsqu’un bébé n’arrive pas à dormir, il y a un grand nombre de raisons qui peuvent expliquer cela. Notez que je ne dis pas qu’il ne veut pas dormir car il ne s’agit pas de volonté de sa part mais qu’il n’y arrive pas. comment peut-on l’aider?

Il y a quelques « trucs » qui peuvent contribuer à faciliter l’endormissement.

  1. Évitez les activités excitantes avant le coucher:
    Que ce soit pour les enfants ou pour les bébés, les activités qui produisent une forte excitation juste avant l’heure du coucher ne sont pas recommandées. Manger juste avant de s’endormir (je ne parle pas du biberon) n’est probablement pas idéal. Il est préférable de ne pas mettre les enfants devant la télévision avant trois ans et certainement pas moins d’une heure avant le sommeil (c’est aussi valable pour les adultes) car cela semble provoquer une surexcitation du cerveau. Il y a néanmoins une excitation que je recommande avant le coucher (et mon généraliste la recommande vivement pour dégager les voies respiratoires et pour la santé en générale), une bonne séance de chatouillis et de rigolade avec bébé ou votre enfant, permet de décharger une partie de l’excitation et d’amener du plaisir et des émotions positives avant un moment qui peut parfois être vécu comme anxiogène par l’enfant.
  2. Instaurer un rituel de coucher:
    Un rituel c’est dans ce cas une succession d’action qui seront répétée successivement chaque soir pour coucher l’enfant. Cela permet de préparer votre bébé au fait qu’il va aller se coucher. Prévoyez un rituel qui joue sur tous les sens: le toucher, l’ouïe, l’odorat, la vision. Essayez aussi d’avoir un decrescendo, une diminution du rythme et des stimulations au cours du rituel.Préparez bébé en prenant votre temps, diminuez déjà un peu la lumière. Choisissez peut-être aussi ce moment pour lui appliquer une crème avec une odeur agréable. Vous pouvez déjà aussi jouer une petite musique douce qui vous calme autant que le bébé. Passez dans la chambre avec une lumière encore plus faible, n’oubliez pas la musique ou chantez lui une berceuse, faites lui des câlins, des bisous, des caresses en ralentissant progressivement le rythme (vous pouvez faire de même avec les berceuses si vous les chantez vous même)
  3. Prenez votre temps:
    Si vous être pressé(e)s, les difficultés d’endormissement vont très probablement vous contrarier et vous énerver. Vous pensez peut-être à la longue liste de tâche qu’il vous reste à faire, à votre envie d’aller vous asseoir enfin dans votre canapé pour finir votre livre, parler avec vos amis, continuer votre jeux ou regarder la télévision ou au fait qu’il y a encore les autres enfants à coucher. Quelle que soit votre contrariété, elle ne va pas vous aider. Vous avez déjà probablement remarqué que c’est dans ces moments là que le petit démon en couches-culottes est encore plus difficile à coucher. C’est normal, si vous êtes énervé, il va le ressentir et ça risque de l’inquiéter, ce qui n’aide pas, vous vous en doutez. Vous avez d’ailleurs peut-être déjà vécu ce moment ou votre compagne/compagnon prend le relais et le petit monstre se transforme en deux minutes en petit ange qui s’endort en un clin d’oeil. Vous pouvez avoir à ce moment là des pensées qui vous disent que vous ne savez pas vous y prendre, que vous avez dû faire quelque chose de travers. Il est surtout fort probable que votre remplaçant était encore bien zen et que cela ai calmé bébé, lui permettant de s’endormir. Vous pouvez donc accepter que cela peut prendre du temps, c’est votre meilleure chance que cela en prenne le moins possible. Profitez de cet instant privilégié avec votre enfant, vous ne pourrez pas le garder dans vos bras comme cela pendant de nombreuses années.
  4. Relaxez-vous:
    Ça semble évident mais on n’y pense pas souvent sur le moment. Vous pouvez être énervé ou tendu par votre longue journée et/ou, si ce n’est pas le cas, votre enfant peut l’être pour toutes sortes de bonnes raisons. Vous ne le savez peut-être pas mais quand une personnes fait des exercices de relaxations, les autres personnes dans la même pièce se détendent elles-aussi. Votre enfant n’y fait pas exception. Vous êtes à côté de lui ou il est contre vous, dans vos bras, l’oreille contre votre corps, voici une excellente occasion pour regarder ce véritable chef d’oeuvre de la nature avec tout votre amour, toute votre compassion et votre bienveillance. Inspirez profondément par le nez, bloquez la respiration 5 secondes et soufflez lentement par la bouche tout doucement. Ensuite, contrôlez votre respiration en inspirant sur 4 temps (plus ou moins une seconde par temps, à vous de trouver la fréquence qui vous convient) et en expirant sur 6 temps. Répétez cela 20 fois (pendant un peu plus de 3 minutes donc, ce n’est pas très long)

Notez que même quand vous appliquerez ces quelques petites astuces et que votre enfant s’endormira plus facilement, il pourra toujours y avoir des soirs qui seront plus difficile. Les bébés et les enfants passent par des phases de leur développement qui peuvent causer de l’angoisse, des peurs ou des douleurs physiques. Vous n’y pouvez rien, eux non plus, accepter (au sens « pleine conscience ») que c’est là, que c’est ainsi et que votre enfant à besoin un peu plus de vous ce soir là n’est pas signe de « faiblesse » de votre part ou que vous avez fait un pas de travers, c’est juste la vie. Votre amour et vos qualités de parents feront le reste.

Tant que je suis sur le suket, pour les berceuses, je suis tombé sous le charmes des compilations « dreamland » de Putumayo Kids, je ne peux que vous recommander les albums « Instrumental Dreamland » et « African Dreamland ».

Bonne nuit les petits.

Le temps, notre meilleur ennemi

Cela fait pas mal de semaines que je n’ai plus alimenté ce blog. Je n’avais pas le temps. C’est du moins ce que je me disais. Après me l’être dit plusieurs fois, je me suis souvenu que le temps n’existe pas en soi et que ne pas avoir le temps n’est qu’un abus de langage.

Le temps est un concept, très approximatif nous dirait probablement un physicien, pour parler de cette 4ème dimension dans laquelle nous évoluons en permanence. Nous ne pouvons pas le prendre, nous ne pouvons pas le perdre, il ne peut pas être beau ou mauvais, ni difficile ni doré. On ne peut pas arrêter le temps, on ne peut pas le remonter (enfin, pas que je sache), le temps est la dimension sur laquelle nous n’avons aucun contrôle. Le temps est, simplement.

Ce sur quoi nous avons du contrôle, c’est ce que l’on fait de ce temps. Ce temps qui est, en ce qui nous concerne, fini. Nous existons dans le temps au moment de notre conception et nous en sortons une fois que nous mourrons (du moins du point de vue de l’être humain. Si l’on parle des molécules ou des atomes qui nous composent, ils existaient avant et existeront après nous mais changent sans arrêt, j’en reparlerai a un autre moment). Le temps, notre temps (on peut être possessif de temps à autre), est et ce qui importe, c’est ce que l’on fait (ou ne fait pas) pendant que le temps « avance », inexorablement. On peut le consacrer à quelqu’un, à une activité, on peut le laisser passer, ce qui signifie qu’on le passe à ne rien faire (ce qui n’est pas réellement le cas, on fait toujours quelque chose tout comme on communique toujours même si on ne le veut pas) ou plutôt qu’on le passe à faire quelque chose que l’on ne contrôle pas.

Bref, quand je dis que je n’ai pas le temps, c’est faux. Le temps est là, quoi que je fasse, c’est juste que j’ai décidé de consacrer une partie de l’espace-temps que j’ai à ma disposition à autre chose qu’à ce que j’estime que j’aurais dû faire. Est-ce que cela veut dire que je n’aurais pas dû faire ce que j’ai fait et plutôt dû faire ce que je n’ai pas fait? Probablement pas. C’est juste qu’à un moment mes priorités ont été différentes ou que j’ai peut-être perdu de vue certaines de mes priorités, emporté par l’automatisme de ma vie minutée. Car, si le temps n’existe pas, s’il n’est pas palpable ni visible, ce concept n’en a pas moins un impact énorme sur nos vies.

Nous l’avons divisé, arbitrairement, pour mieux l’appréhender. Une année est le temps nécessaire à la rotation de la terre autour du soleil (enfin, à quelques minutes près), la journée le temps d’une rotation de la terre sur elle même, un 24ème de la journée égale une heure, etc. Grâce à l’horloge atomique, chaque seconde n’est plus que l’équivalent de quelques 9 milliards de transitions d’état d’un atome de Césium 133.

Si nous avons divisé le temps pour mieux l’appréhender, c’est néanmoins cette division du temps qui nous contrôle maintenant. Nous ne nous levons plus avec le soleil mais bien parce que notre réveil ou notre téléphone nous signale qu’il est l’heure de se lever. Pas notre corps, pas notre tête, pas le soleil ou le chant du coq, non, cet arbitraire extérieur qu’est l’heure du moment et du lieu où nous sommes.

Jusque là, ce n’est pas pour l’impact que cela à sur notre métabolisme ou même sur notre humeur que j’en fais un article, du moins, pas aujourd’hui (chaque chose en son temps, ai-je envie d’écrire). Après nous être réveillé, nous « courons contre le temps » pour effectuer un certain nombre de tâches dans le délai imparti: se lever, se nourrir (éventuellement), réveiller le reste de la famille (le cas échéant), se doucher, s’habiller, préparer ses affaires, déposer les enfants avant telle heure, aller au travail, prendre un moyen de transport (à l’heure), être présent aux réunions (à l’heure aussi), manger (entre midi et 14h), reprendre ses réunions ou son travail, fournir un rapport pour 16h, terminer une maquette pour 17h, être à l’école ou à la garderie avant 18h et mettre les enfants au lit avant 20h30 pour pouvoir éventuellement regarder le film du soir ou faire un peu de repassage, de lessive, de vaisselle, de rangement ou je ne sais quelle autre tâche ménagère.

Combien d’échéances avez-vous sur une journée? Comment vivriez-vous sans horloge, sans montre, sans agenda? Et si le jour de repos n’était pas le samedi et le dimanche mais quand on en a besoin, qu’est-ce que cela changerait? Et si les travaux à faire devait l’être pour le moment où ils seront fait? Plus d’échéances! La terre s’écroulerait-elle?

Vous allez-me dire que je suis un anarchiste, un révolutionnaire, que bien d’autres se sont lancé sur ce chemin. Mon but n’est pas d’exiger de changer l’organisation du monde, loin de là mais bien de vous faire remarquer comment ce monde, notre monde, votre monde, est réglé par le temps. Dans un article précédent j’avais relaté l’expérience de Darley et Batson (1973) qui montrait l’impact qu’avait la « pression » du temps sur l’expression de nos valeurs. Sous la « pression » du temps (c’est là que je vous rappelle qu’il n’y a rien de tel si ce n’est ce que nous imaginons et l’importance que nous, en tant que société, attribuons au fait de faire les choses dans certaines limites de temps. La pression vient de la peur de ne pas atteindre les espérances de notre société), nous ne sommes plus ce que nous voulons être, nous devenons, comme des animaux stressés et apeurés, agressifs, égocentriques et peu soucieux des autres. Regardez comme les gentils parents que nous sommes, soucieux du bien être de nos enfants, pouvons devenir des monstres d’agressivité pour arriver « à temps » à l’école puis au travail. Dans l’article précité, vous retiendrez peut-être aussi l’impact du temps sur cette mère de famille qui décida, finalement, de vivre l’instant présent.

Donc, si nous n’avons pas le temps, c’est probablement parce que nous voulons faire trop de choses. Et c’est normal, nos vies sont fort remplies, trop remplies, à un point tel que le moindre imprévu exige une « compression » du temps. Parfois, nous devons apprendre à dire « Non » aux autres pour ne pas accepter trop de choses et souvent, nous devons apprendre à dire « Non » à la personne la plus exigeante que nous connaissons: nous-même. Mais parfois, nous préférons avoir trop de choses à faire pour être sûr de ne pas nous retrouver sans rien à faire. Il est étonnant qu’il nous soit parfois si difficile de s’imaginer ne rien faire (Regarder la télévision ou lire un livre, ce n’est pas ne rien faire. Même rêver éveiller c’est faire quelque chose)

Le temps est fini. Quand nous serons mort, ce ne sera plus notre problème. D’ici là, nous n’avons qu’une vie. Que voulez-vous en faire? Qu’est-ce qui est le plus important pour vous? Ce ne sont pas des questions pour lesquelles nous avons généralement des réponses. Nous n’avons pas pris le temps pour cela. Pourtant, ne sont-elles pas fondamentales? Quand je « n’avais pas le temps » d’écrire sur ce blog, j’ai malgré tout pris le temps de mettre à jour mon questionnaire des valeurs et d’ajouter des explications pour vous aider à trouver des réponses à ces questions. Il est disponible ici, si vous voulez prendre ce temps pour vous après avoir pris le temps de lire cette longue prose (et je vous en remercie).

 

Psychothérapie: Y a plus long et ça rapporte plus… au psy!

J’ai d’abord pensé titrer cet article « le modèle économique des psychothérapies est-il éthique » et puis je me suis dit que je pouvais probablement trouver moins rébarbatif. Néanmoins, c’est bien d’éthique et de modèle économique (« Business model » comme disent nos amis anglo-saxons) dont je vais parler ici (et je vais encore me faire des amis chez certains confrères et consœurs, je le sens). Qu’est-ce que cela a comme rapport avec le bien-être?

Je ne vais pas essayer de définir ce qu’est un bon psy, je ne suis pas certain que cela soit possible mais je vais me mettre dans une perspective économique, pour le patient, et supposer que le « bon » psy est celui qui nous guérit vite et qui nous coûte le moins cher, in fine!

Je dis souvent en boutade à mes amis que la psychothérapie brève est un mauvais Business model et que j’aurais du faire psychanalyste si j’avais du compter sur mon métier de thérapeute pour vivre. En effet, travaillant dans une perspective thérapeutique brève, visant à redonner l’autonomie et le bien-être à mes patients le plus rapidement possible, à se hâter lentement, je ne vois finalement la majorité de mes patients que quelques fois, généralement toutes les deux ou trois semaines, voir même parfois une seule. Et c’est très bien ainsi!

Cependant, dans une perspective économique, et la grande majorité des psychologues et des psychothérapeutes vivent de leur art, un patient qui va mieux, c’est une rentrée d’argent qui diminue. Bien sûr, avec le temps, le bouche à oreille et un peu de marketing personnel, on peut arriver à avoir une liste d’attente et un nouveau patient remplace rapidement celui qui va désormais mieux. Cependant, ce n’est pas toujours le cas et pour ceux qui ont besoin de ces revenus, un patient qui va bien c’est parfois un estomac qui crie famine.

Un psychanalyste (qui pratique la cure analytique traditionnelle, pas ceux qui s’inscrivent eux aussi dans une perspective brève et qui se font d’ailleurs souvent appeler psychothérapeute psychanalytique ou psychodynamique) par contre, part du principe que la cure prend du temps et que voir son patient deux fois par semaine n’est pas un luxe mais une nécessité. Économiquement, c’est l’équivalent du Win-for-life, une rente à vie. Avec 20 patients, vos semaines et votre portefeuille sont pleins.

Donc, économiquement, la pratique thérapeutique brève ( et ce n’est pas la seule, bon nombre de professions libérales sont dans le même cas),  n’est pas intéressante. En effet, il faut du temps pour se construire une patientèle et que le bouche à oreille fasse de l’effet. Et encore, on ne recommande pas son psy comme son coiffeur, d’ailleurs, il reste encore pas mal de personnes qui n’en parlent quasiment pas et c’est leur droit, c’est leur vie privée.

Le marketing personnel est bien plus efficace pour attirer le patient (qui est, dans une perspective économique dépourvue d’éthique, un consommateur comme les autres) que l’efficience thérapeutique. En effet, le fait d’obtenir les résultats rapides influence probablement moins le nombre de patients qui frappent à la porte du psy que le fait qu’il soit passé à la télévision, ait été cité dans un article de journal, ait une chronique à la radio, un site web bien ficelé ou n’importe quelle autre façon de gérer son image personnelle (et les psychologues savent s’y prendre, ça fait partie de notre formation. D’ailleurs, les psys, on en voit partout et ce blog en est la preuve :o) ).

Heureusement, la grande majorité des psychologues ne font pas ce métier pour l’argent (ils auraient été bien mal conseillés sur ce point là) et ils valorisent plus le bien-être de leur client que celui de leur portefeuille. Si notre morale et nos valeurs ne le font pas déjà, notre déontologie (ha, les grands mots) nous interdit de faire durer le processus thérapeutique au delà du nécessaire (facile à objectiver cela). D’une certaine façon, dans certains cas, le système des soins de santé mentale hors institution (donc chaque séance payée par le patient) met le poids de la durée de la thérapie sur le patient (plus il « traîne » à aller mieux, plus il paie. Certains disent même qu’un tarif élevé pousse le patient à guérir plus vite. J’aimerais que ce soit vrai). En soi, cela permet d’éviter que le patient ne reste en thérapie plus de temps que nécessaire et se « force » à retrouver son autonomie (parfois, on peut trouver confortable d’avoir un endroit où l’on peut simplement se confier). En soi, tant qu’il n’y a pas de remboursement par l’INAMI (sécurité sociale) ou les mutuelles, l’état n’a pas besoin de légiférer sur le sujet. Les mutuelles qui ont initié un remboursement très partiel des séances chez un psychologue ont déjà elles placé la limite à 6 ou 12 séances par an. Hâtons nous (pas trop) lentement!

Pour le psy par contre, financièrement, plus ça dure, plus ça rapporte. Si le patient n’est pas remboursé, cela ne l’impacte pas. Il n’a donc, en dehors de sa morale, de ses valeurs, de son éthique, aucune incitation à faire court, bien au contraire. N’y a t’il pas là un conflit d’intérêts manifeste?

Le débat du remboursement des psychothérapies achoppe d’ailleurs en partie sur ce point. Certains pays qui pratiquent déjà le remboursement des psychothérapies ne le font que pour les praticiens qui utilisent des méthodes ayant une efficacité démontrée scientifiquement (basées sur des preuves scientifiques). On peut discuter cette restriction et ce sera un autre débat que de savoir si l’on doit considérer la psychothérapie comme un art de guérir ou comme une science (ou un peu des deux) et donc de savoir si l’on peut la restreindre à certaines pratiques validées scientifiquement (ce qui ne me semble pas impossible, il faut juste objectiver les critères qui font que l’art fonctionne. Art et science ne sont pas mutuellement exclusifs).

Peut-être verra t’on à un moment une proposition de diminuer le revenu des psys si la thérapie dure trop longtemps (mais quid des cas qui demandent plus de temps) et/ou de faire évaluer la nécessité d’une thérapie longue par un pair (ce qui ne serait pas inutile dans certains cas). Il y a probablement beaucoup à penser sur ce sujet.

Et j’ai choisi de vivre l’instant présent…

Le Huffingtonpost publiait ce 9 août un extrait du blog de Rachel Macy Stafford intitulé « Le jour où j’ai cessé de dire ‘dépêche-toi‘ ». Ce billet, qui a fait très rapidement le tour des réseaux sociaux, relate l’expérience personnelle de cette professeure d’éducation spécialisée, mère de deux enfants, qui, comme la grande majorité d’entre-nous, courait sans arrêt pour être à l’heure à tous ses rendez-vous et pour, comme elle le dit elle-même, « cocher quelque chose de notre to do list (choses à faire)« . C’est la découverte de l’effet de son comportement sur ses enfants qui lui fit prendre conscience de l’impact négatif, en tout cas par rapport à ses propres valeurs, de ce rythme de vie.

En 1973, John Darley et Daniel Batson de l’université de Princeton publiaient un article intitulé « From Jerusalem to Jericho » dans lequel ils relatent une étude sur l’expression des valeurs altruistes chez des séminaristes à qui l’on demande, dans une des conditions, de préparer un sermon sur base de la parabole du « bon samaritain ». L’expérience montra que une simple contrainte de temps pouvait affecter l’expression des valeurs altruistes, même chez des séminaristes (dont on peut supposer qu’ils sont encore plus enclin à aider les autres, bien que ce ne soit peut-être qu’un stéréotype) qui venaient d’être « amorcés » sur le sujet de l’aide à la personne en difficulté. Croisant sur leur chemin une personne en difficulté, gisant par terre, 63% des séminaristes à qui une légère contrainte de temps avait été imposée s’arrêtèrent pour venir en aide au malheureux (un complice, bien sûr). Si un niveau intermédiaire de contrainte de temps était suggéré, ce chiffre diminuait à 45% soit près de 20% de moins. Encore plus impressionnant, ce chiffre tombe à 10% pour les séminaristes à qui une forte contrainte de temps (dépêchez-vous, vous êtes en retard) était suggérée.

En résumé, on peut supposer que quand nous courons dans tous les sens pour rattraper le temps, comme le lapin d’Alice au pays des merveilles, nous sommes 6 fois moins susceptible de montrer un comportement altruiste, en accord avec nos valeurs, que quand nous prenons le temps de vivre. Quand nous courons dans tous les sens, non seulement nous ne prenons pas le temps de vivre (de profiter de notre vie) mais en plus, nous ne sommes pas (ou nous ne devenons pas) la personne que nous voulons être. C’est probablement un des facteurs qui explique que les personnes qui pratiquent la méditation deviennent plus emphatiques (elles prennent le temps de faire attention aux autres?)

Un autre fait marquant de cette histoire est qu’il semble que nous faisons nettement plus attention à l’expression de nos valeurs lorsqu’il s’agit de nos enfants que de nous même. Lorsque je demande à mes patients quelles sont leurs valeurs, la question provoque fréquemment une moue dubitative. Si je leur demande s’ils donneraient du « fast food » à leur enfant tous les jours (si ils ou elles ont un ou des enfants), la réponse sort immédiatement: « Non, bien sûr ». Manger sainement est donc clairement une valeur (reste à déterminer quelle est sa « priorité). Pourtant, fréquemment, ces mêmes personnes mangent un sandwich « sur le pouce » le midi et ne prennent pas le temps de petit-déjeuner à leur aise le matin.

Nos enfants apprennent plus de nos comportements que de nos conseils et commandements. Fais ce que je dis, pas ce que je fais, n’est clairement pas la meilleure façon  de leur transmettre nos valeurs. C’est plutôt l’adage « tu dois être le changement que tu veux voir dans le monde » qui devrait nous guider.

Ceci me mène aussi à cette question: « Si nous sommes dans ce cas, qu’avons nous fait de mal pour ne pas mériter suffisamment notre propre compassion et prendre le temps de vivre en accord avec nos propres valeurs? » (et quel message transmettons-nous à nos enfants, en ne prenant pas soin de nous-même?).

Et vous, si ce n’est déjà fait, qu’est-ce qui vous déciderais enfin à choisir de vivre l’instant présent? Si c’est déjà le cas, qu’est-ce qui vous à fait changer?

 

Lien vers l’étude de Darley & Batson (1973): http://web.missouri.edu/~segerti/1000/DarleyBateson.pdf

L’argent (bien dépensé) peut rendre heureux

Un vieil adage dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Plusieurs études ciblant les gagnants de loteries on en effet démontré qu’une bonne partie d’entre eux étaient souvent plus malheureux après quelques temps qu’ils ne l’étaient avant d’avoir gagné (et souvent plus pauvre, ayant mal géré leur argent). Ce qui semble faire la différence entre les « riches » heureux et les « malheureux » c’est la façon dont ils dépensent leur argent. En effet, dépenser une (bonne) partie de son argent pour le bien-être des autres semble être un gage de bonheur. Michael Norton, professeur à la prestigieuse Harvard School of Economy nous explique cela dans une toujours excellente présentation TED.

Notons que les plus grandes fortunes  de la planète semblent avoir compris ce principe, une grande partie d’entre-elles donnant une grande partie de leur fortune à des oeuvres de charité (Carlos Slim, Bill Gates, Warren Buffet, Mark Zuckerberg, Larry Ellison)

http://trends.levif.be/economie/actualite/people/bill-gates-augmente-sa-fortune-et-reste-l-homme-le-plus-riche-des-etats-unis/article-4000180067440.htm

 
Ceci n’est pas vraiment surprenant. On peut en effet imaginer que le fait de dépenser cette grande quantité d’argent contribue à donner un sens , une raison, qui plus est altruiste, à la vie (ou du moins une partie) de ces richissimes hommes d’affaire. Hors, l’altruisme reste une valeur sûre du bonheur, faire du bien aux autres, c’est aussi se faire du bien.

L’amour, la honte et la vulnérabilité…

L’être humain est un être social. Nous ne sommes pas l’animal le plus rapide, pas le plus fort, peut-être le plus intelligent (mais ça reste à prouver) mais nous sommes bon pour communiquer et, de là, pour collaborer. Nous avons survécu et sommes devenu le plus grand et le plus fort des prédateurs parce que nous fonctionnons bien (relativement) en groupe, en société. Grâce à cela, nous avons créés des villages, des chemins, puis des villes, des routes, des autoroutes, des buildings de 50 étages et plus, des hôpitaux, des paquebots, etc. Ensemble, nous sommes incroyablement fort. Seul, nous ne sommes rien, du moins nous le pensons souvent. Nous avons donc probablement été sélectionné, au cours des générations, sur base de notre capacité à vivre ensemble, à être accepté par la meute, la troupe, la société. Et de là vient probablement une de nos plus grande peur, celle d’être rejeté. Combien de fois les attentes de la société, des autres, dirigent-elles vos actes malgré parfois une envie forte de faire autrement? Combien de fois nous conformons-nous à la norme alors due nous ne sommes pas d’accord avec celle-ci? L’être humain a une tendance très forte à se conformer à la norme, nombre d’études l’ont déjà montré.

Brené Brown est chercheuse en science sociale et a décidé d’étudier les relations humaines, cette connexion qui nous relie entre-nous. Ce qu’elle a rapidement découvert, c’est la honte. La honte qu’elle interprète comme la peur d’être rejeté. En effet, quand j’ai honte de quelque chose, j’ai peur qu’on me rejette si les autres savaient cette chose. La honte est donc bien une peur du rejet. Et qu’est-ce que Brene Brown a découvert? Simplement que les personnes qui sont plus heureuses, plus épanouies ont plus le courage de se présenter telles qu’elles sont que les autres. Qu’elles acceptent leur imperfection, qu’elle oublient la personne qu’elles devraient être pour se contrer sur la personne qu’elles sont. Qu’elles savent cette simple chose: que nous ne sommes pas parfait mais que ce n’est pas important et que nous pouvons être aimé et que nous pouvons rester parmi les autres hommes et femmes. Le secret, c’est finalement d’accepter sa propre vulnérabilité et celle des autres.

C’est une leçon simple mais tellement fondamentale.

Je vous laisse regarder ces très bonnes prestations de Brene Brown au TED. Malheureusement les sous-titres en français semblent avoir un petit problème de synchronisation.

Psychothérapies et dérives sectaires

Ce mercredi 10 avril, la commission d’enquête du sénat français sur les dérives sectaires dans le domaine de la santé a remis son rapport. Comme dans les rapports du Miviludes (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires – http://www.miviludes.gouv.fr/), le rapport rappelle le lien étroit entre les sectes et les pratiques thérapeutiques. Chaque secte propose d’une façon ou d’une autre une approche nouvelle de la santé, physique et/ou mentale. Sans s’attarder sur l’analyse des pratiques sectaires, épinglons les réserves (et parfois, c’est bien plus que cela) émisent par la commission au sujet de certaines pratiques telles que l’iridiologie, la kinésiologie spécialisée, la dianétique (fleuron de l’église de scientologie), l’ondobiologie, la biochirurgie immatérielle, la drainolymphologie, le décodage biologique,la biorésonnace, la Reconnexion (R) (notez le trademark), la naturopathie, comme la phytothérapie, l’aromathérapie et les fleurs de Bach ou le Reiki. La liste est malheureusement encore longue. Le rapport est édifiant et mérite d’être lu.

Vous trouverez le rapport du sénat au format PDF à l’adresse http://www.senat.fr/rap/r12-480-1/r12-480-11.pdf
Celui de la Miviludes est disponible sur leur site http://www.miviludes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/guide_sante_complet.pdf

Mens Sana in corpore sano

Même si ce n’était pas tout à fait le sens de la phrase dans son contexte d’origine, la devise « Mens Sana in corpore sano » est sensée nous inciter à s’occuper de notre corps aussi bien que de notre esprit. L’homme est hybride, il n’est pas que corps ou qu’esprit, il est les deux, de manière indissociable. Nos facultés cognitives sont très largement tributaires de la capacité de notre corps à oxygéner le cerveau ainsi qu’à notre état de fatigue général (qui est le résultat de mécanismes physiologiques complexe). Les études sur la dépression, les maladies neurodégénératives et certaines capacités cognitives (comme la mémoire, entre autres) montrent encore plus clairement et plus scientifiquement ce lien. Selon Anil Nigam de l’Université de Montréal, un entrainement par intervalle (dont les entraîneurs sportifs connaissent l’efficacité) durant 4 mois améliore non seulement la VO2max (la capacité du corps à absorber et transporter de l’oxygène) mais aussi des capacités cognitives et principalement mnésiques (Voir l‘article sur Pyschomédia – l’échantillon était petit, l’expérience devrait être reproduite à plus grande échelle). Une étude menée par Alan Gow et ses collaborateurs de l’Université d’Edinburgh (publiée dans Neurology) indique que l’exercice physique est le meilleur garant de l’état de notre cerveau et de nos fonctions cognitives face aux effets du vieillissement (devant les relations sociales et l’exercice intellectuel). Kirk Ericksson et ses collaborateurs de l’Université de Pittsburgh ont montré l‘effet bénéfique de l’entrainement physique sur la mémoire et surtout ses effets bénéfiques pour lutter contre le vieillissement. La page du laboratoire d’étude sur le vieillissement du cerveau et la santé cognitive de l’université de Pittsburgh (Brain Aging & Cognitive Health Lab) reprend une série impressionnante d’articles scientifiques sur le sujet disponible pour la plupart en PDF.

En résumé, faites du bien à votre corps, votre esprit s’en portera mieux.