La joie selon Rav Benchetrit

J’ai découvert aujourd’hui cette vidéo d’une conférence du Rabin Rav Benchetrit. Il y donne son interprétation de la joie selon la Torah avec beaucoup d’humour et de métaphores. Le chemin qu’il emprunte me fait très fort penser au modèle de l’ACT. On y retrouve l’acceptation, la cohérence avec ses valeurs, le soi comme valeur centrale, la flexibilité par l’humour. Un petit moment profond et léger à la fois.

Pourquoi la France n’a (quasiment) pas de TDAH?

C’est le titre d’une mini-série d’article de Marylin Wedge publiée l’année passée dans Psychology Today (Article 1ère partie & partie 2). Elle s’interroge sur la différence très notable du nombre d’enfants diagnostiqués avec un trouble déficitaire de l’attention / Hyperkinésie (ADHD en Anglais): 9% aux USA et 0,5% en France. Elle nous rappelle plusieurs choses qui semble souvent être minimisées dans les discussion sur cette condition (j’ai du mal à l’appeler maladie). D’abord, aucune cause neurologique ou physiologique n’a pu être clairement identifiée quant à cette condition (il y a des corrélats biologiques mais on ne prouve pas la cause pour autant). Le discours des sociétés pharmaceutiques pour justifier de l’existence d’une condition physiologique est même parfois plutôt mince: si je lui donne de la Rilatine (une forme d’amphétamine, moins puissante que la cocaïne mais qui en partage les effets – voir aussi cet article du vif sur l’explosion de la consommation de Rilatine) et qu’il va mieux, c’est qu’il y avait un problème physiologique à la base. Argument fallacieux s’il en est, sachant que n’importe qui consommant des amphétamines va améliorer sa capacité de concentration.

Autre rappel dans l’article de Wedge, la différence de définition et de conception de la condition. Les américains ont une définition large et d’origine biologique qui peut pathologiser n’importe quel comportement enfantin (énergie débordante, attention diffuse, etc.) alors que les français le considère comme le résultat d’une situation psycho-sociale (conception systémique) et la « traite » avec des psychothérapies et du coaching parental. On retrouve encore ici une belle application du constructivisme: le diagnostic crée les conditions de réalisation des attentes du médecin (enfin, ici, j’ai plus envie de voir les attentes des sociétés pharmaceutiques qui bénéficient largement des largesses de ce « diagnostique » . D’autant plus que dans les conditions de vie actuelle en Europe et encore plus aux USA, on peut imaginer la difficulté que peuvent avoir certains parents à canaliser l’énergie de leur enfant dans le métro-boulot-dodo infernal que leur impose notre société. La solution sous forme d’une pilule qui ne remet pas en cause certains de nos principes sociétaux, éducatifs et familiaux est probablement plus facile à accepter qu’une explication, forcément complexe, des effets de l’interaction entre l’environnement et l’enfant, d’autant plus si elle provient d’un pédo-psychiatre ou d’un neurologue. Qui sommes-nous pour contester ce diagnostique? Et voilà aussi Rosenthal qui pointe le bout de son né (au passage, une très belle note de synthèse sur l’effet pygmalion – autre nom de l’effet Rosenthal & jacobson – sur les élèves et les enseignants): L’enfant est diagnostiqué « TDAH » (j’ai envie d’écrire étiqueté) et son environnement s’adapte pour renforcer cette prophétie auto-réalisatrice. Comme l’écrit Wedge, le diagnostique n’aide pas. On se demande pourquoi?

Est-ce pour autant dire qu’il n’y a pas de personnes souffrant de TDAH. Ce n’est pas ce que je prétend mais n’oublions pas que notre concept de la pathologie est fortement lié à celui de la normalité qui est lui même étroitement lié au concept statistique de distribution normalisée d’une condition. En ce qui concerne le TDAH, la frontière entre le normal et le pathologique est donc subjective et arbitraire. Elle dépend des critères d’inclusions, comme nous l’avons vu précédemment. Il y a donc très certainement des personnes qui présentent plus de difficultés que d’autres à se concentrer et qui ont aussi plus d’énergie à canaliser que d’autres. Est-ce pour autant une justification à une médication? D’autant plus que les causes de ces difficultés peuvent être multiples et variées (fatigue, troubles de l’humeur, mauvaise alimentation, estime de soi insuffisante, etc.). De plus, d’autres solution existent (et qui ne présentent pas le risque d’une augmentation des accidents cardiaques chez les patients, comme c’est le cas du traitement aux amphétamines). Des entraînements par la méditation (qui est finalement un entraînement à la concentration) semblent (mais il faut encore un peu de recherche là dessus) pouvoir apporter une solution bien plus « écologique » à ce problème.

Soumission à la discipline du plaisir

Lorsque l’on est fatigué, lorsque l’on manque de motivation, lorsque la vie nous semble triste, lorsque l’on déprime (je ne parle pas d’une dépression au sens psychopathologique, qui s’inscrit dans la durée, mais plutôt de ces moments où l’on voit les choses négativement, ce qui peut être une prémisse de la dépression), cela peut être dû à un manque de discipline. Je ne pense pas ici au fait de se lever tôt le matin, de prendre sa douche avant d’aller travailler ou de ranger systématiquement vos affaires mais plutôt de discipline du plaisir, de se faire du bien, régulièrement, pour le plaisir de se faire du bien ou simplement parce que ça fait du bien de se faire plaisir. Tout comme nous avons besoin de manger, de boire, de respirer, de communiquer nous avons aussi besoin de plaisir. Bien sûr, tout les plaisirs ne sont pas équivalent, ni en intensité, ni en conséquence. Assez logiquement, donner la priorité aux plaisirs qui nous font du bien à court et à longs termes sera plus bénéfique et durable que ceux qui nous font du bien à courts termes mais qui peuvent, à la longue être moins bénéfique. Dans la longue liste des activités qui peuvent nous procurer du plaisir, vous pouvez aussi veiller à bien équilibrer les plaisirs dits « narcissiques » (ceux qui renforcent notre ego, comme gagner un match de tennis, réussir un exploit, être reconnu et acclamé par les autres) et les plaisirs plus primaires comme le rire, le plaisir de l’effort physique, du jeu ou des sens (les caresses, la musique, la bonne chair, la beauté artistique ou naturelle). Notre corps et notre esprit ont un besoin naturel de plaisir, ne pas lui en donner assez et régulièrement, c’est comme nous priver de nourriture ou d’eau. Alors, laissez vous aller à la discipline du plaisir, régulièrement et entièrement, en pleine conscience. Mais attention, ne les savourez pas trop, vous pourriez devenir accroc et être empli de joie et de bonheur pour de longues années.