Un fond d’écran « nature » pour mieux déstresser?

nature-arbreAfficher une photographie d’un paysage vert, naturel, sur notre fond d’écran, sur notre téléphone ou sur les écrans d’information interne des entreprises pourrait-il nous aider à dé-stresser?

Plusieurs études (voir Berto R., 2014 pour une revue de la littérature sur le sujet) ont montré ces dernières années que le fait d’être exposé à la nature (une ballade dans un parc, en forêt ou dans un environnement majoritairement naturel) contribue à nous aider à récupérer plus rapidement notre capacité attentionnelle et à diminuer notre niveau de stress.

Il n’était cependant pas encore tout à fait clair si cet effet est dû à la pratique de l’exercice physique, au bon air respiré, à la lumière, à la simple vision de la couleur verte, d’arbres ou à une combinaison de ces facteurs.

Fin 2015, Magdalena M.H.E. van den Berg et al. publiaient les résultats d’une expérience qui pourrait déjà nous éclairer un peu plus sur le sujet. Dans cette étude, van den Berg et ses collègues ont exposé successivement 46 étudiants à une épreuve stressante (une épreuve d’arithmétique connue pour générer du stress chez les participants) puis à des photographies de bâtiments et de rues ou de parc avec de la verdure et des arbres (chaque étudiant étant passé par les deux situations). Les étudiants portaient un appareil permettant de mesurer leur activité cardiaque (ECG, électrocardiogrammes et ICG, Impedance CardioGraphy), utilisé pour mesurer différents paramètres dont l’Arythmie Sinusoïdale Respiratoire (RSA en Anglais) qui est un des indicateurs de l’activation du système para-sympathique, activation qui indique elle-même un passage vers un mode de repos et de calme pour le corps. Pour simplifier, la mesure du RSA permet de savoir si le sujet est en train de se calmer ou de s’énerver.

Les résultats de l’analyse des mesures semblent indiquer que le fait de regarder des photographies de zones naturelles plutôt que construites nous permet de récupérer plus rapidement (après avoir regarder ces photographies) que si nous regardons des photographies de bâtiments. Cependant, cette exposition à des clichés de nature ne protège pas, a priori, contre l’émergence du stress et ne dé-stresse pas sur le moment. L’activité para-sympathique est améliorée après avoir regardé les photographies (mais il est possible que cela se passe aussi durant la période d’exposition si celle-ci dure plus longtemps que les quelques secondes ou minutes d’exposition de l’expérience.

Conclusion, gardez quelques photographies de nature sur votre ordinateur ou votre téléphone, cela peut toujours vous aider, après une réunion difficile ou une activité stressante, à retrouver un peu de calme et à récupérer. Ou, si vous avez la chance de travailler dans ou près d’une zone verte, sortez faire une petite ballade.

Photo d'arbre par Reza Shayestehpour

Pourquoi devrait-on être psychologue pour soigner les personnes en souffrances psychiques?

Lors de mes déambulations sur Internet, je suis tombé sur une discussion sur la nouvelle loi sur la psychothérapie (version 2016 de Mme Deblock). cette loi est contestée et proablement, comme toute loi, contestable sur certains points. La grande différence par rapport à celle de 2014, qui apportait déjà d’énormes changement, positifs selon moi, à l’encadrement de la pratique de l’art de guérir en santé mentale, est qu’elle réserve désormais cette pratique aux seuls psychologues cliniciens et aux médecins. Fini, à terme, la pratique de la psychothérapie par d’autres professions.

L’autre nouveau but de cette loi est aussi de promouvoir une pratique « evidence-based » de la psychothérapie (donc basée sur une approche scientifique, ce qui lui vaut le soutient des cognitivo comportementalistes qui se basent depuis longtemps sur les recherches scientifiques pour développer leurs différentes approches ). Et oui, car Dolto et Freud, ce n’est pas de la science, c’est quasi une religion chez certains psys. Le problème c’est que certaines universités, et malheureusement mon Alma Mater, enseignent encore certaines de ces « théories » (qui n’ont jamais été validées) et pas encore assez l’esprit critique… mais bon, j’ai vu plus de psychologues se poser les bonnes questions que de psychothérapeutes auto-proclamés donc, sans être parfait, le projet va dans le bon sens bien que le précédent allait déjà dans cette direction. C’est juste mieux pour le protectionnisme de la profession des psys et des médecins (qui donc tout d’un coup sont moins critiques vers ce projet qu’envers le précédent). Accessoirement, et ce n’est pas négligeable, ça permettra aussi de résoudre plus rapidement les problèmes de remboursement des séances ce qui sera à l’avantage des patients et de la société (1 € investit dans le remboursement des psychothérapies, c’est 1,3 € d’économie dans les soins de santé autres..).

L’une des remarques que je lis ou entend fréquemment c’est que certains non-psychologues sont meilleurs psychologues que des psys et que la pratique basée sur la science n’est pas fiable car les connaissances scientifiques ne sont pas solides. Je voudrais apporter quelques réflexions à ces deux arguments.

D’abord, la science n’est pas une vérité ou une somme de connaissances solides, c’est une méthode d’analyse et de compréhension de la réalité, de recherche d’une certaine forme de vérité mais elle n’est pas vérité en soi. Donc, naturellement, les connaissances scientifiques évoluent et parfois se contredisent. C’est ce qui fait toute la difficulté de la science pour l’humain, c’est qu’elle ne donne aucune certitude contrairement aux dogmes, qui rassurent.

De plus, il y a de bons scientifiques et certains moins bons, et surtout il y a de bonnes interprétation des résultats des expériences et des recherches et il y en a qui sont fondamentalement incorrecte, qui ne respectent pas avec suffisamment de rigueur les principes scientifiques. Bref, ne confondons pas l’outil, son utilisation et son utilisateur.

Pour le second point, vous connaissez probablement comme moi des personnes qui sont ne sont pas psychologues et qui sont empathiques, ou qui savent bien écouter, analyser mais ce ne sont pas des psychologues au sens universitaire. Comprendre l’humain (ou du moins donner cette impression) ne fait pas de nous un psychologue. Le psychologue est un scientifique avant tout et faire de la psychologie de comptoir ne fait pas de quelqu’un un psychologue. C’est aussi ridicule que les homéopathes qui parlent de physique quantique pour essayer d’expliquer un phénomène qui n’existe que dans leur imagination.

Par contre, la psychothérapie n’est pas que de la science. C’est une forme d’art ou du moins d’artisanat. Les expériences scientifiques et les analyses le montrent clairement, ce qui est le plus important dans l’art de guérir l’âme (la thérapie de la psyché), c’est la relation entre le patient et son thérapeute. Et là aussi, on peut donner des caractéristiques, des attitudes, etc. Les études nous indiquent aussi que l’effet Placébo, les attentes du patients, ont un effet important. Et on observe aussi qu’une discussion avec une personne bienveillante et neutre peut être déjà très efficace. Et là, c’est la dialectique entre la science et l’humanité du praticien qui sont important.

Il faut aussi souligner que si en effet des psychothérapeutes non psychologues ou médecins peuvent avoir de très bon résultats, individuellement; globalement, les psychologues et les médecins ont une proportion nettement moindre de patients qui vont moins bien après qu’avant. Donc, oui, il y a des psychothérapeutes non-psy qui obtiennent des résultats et qui sont des personnes très consciencieuses, qui se tiennent au courant, qui sont même parfois mieux formées et informées que des psys ou des médecins, mais ce n’est pas une généralité non plus.

Ce principe s’applique dans de nombreux domaines. On connaît tous des personnes qui sont excellentes dans d’autres domaines que celui qu’elles ont étudiées ou qu’elles exercent. Les diplômes et les restrictions d’accès à la profession sont là pour essayer de garantir un niveau minimum de connaissances et de compétences. Quand vous allez chez un médecin ou un kiné, vous pouvez être sûr qu’il a des connaissances solides de l’anatomie humaine et qu’il ne va pas vous dire que vous avez un problème au rein quand vous avez des douleurs au dos 20 cm en dessous de l’emplacement de ceux-ci (histoire vécue avec une masseuse « somato-thérapeute » qui s’est laissée aller au diagnostic médical). On est même heureux quand, dans ce genre de cas, la personne ne fait pas plus de dégâts au lieu de soigner.

Si une personne est douée pour les relations avec les autres et qu’elle veut pratiquer l’art de soigner, elle peut suivre la formation adéquate afin de compléter ses connaissances et ses compétences et ensuite exercer. On l’exige de nos bouchers, de nos plombiers, de nos électriciens, de nos kinés, de nos pharmaciens, de nos médecins, de nos avocats… en quoi la pratique de la psychothérapie devrait-elle faire exception à cela? Pour laisser la possibilité de se réorienter? C’est faisable! J’ai personnellement repris les études à 31 ans pour décrocher mon diplôme de psychologue clinicien tout en travaillant… Et je n’étais pas le seul à faire cela. Si l’on veut faire les choses sérieusement, ça me semble normal de ne pas chercher à prendre un raccourci et de se dire que le cursus qu’on a eu en tant qu’infirmier, kiné ou avocat doit être suffisant pour pouvoir se passer d’une formation sérieuse en la matière. On ne l’accepte pas non plus dans l’autre sens.

Pour finir là dessus, car ma tirade est un peu longue, je ne dit pas non plus que la formation des psycholoues est parfaite et suffisante, loin de là. Je pense même réellement qu’on doit augmenter le niveau de formation des psychologues cliniciens et des psychothérapeutes en général, quels qu’ils soient. Il faut tirer vers le haut, pas vers le bas. Nous, patients potentiels ou effectifs, nous le méritons bien, vu l’importance que peut prendre l’entrevue avec un « psy ». N’oublions pas que dans certains cas, les patients remettent quasiment leur vie entre nos mains, nous apportant leur désir de mort et leurs difficultés à vivre. Prendre de telles responsabilités, ça vaut bien quelques années d’études, non?

Le sport, traitement le plus efficace contre la dépression?

Si vous êtes dépressif, réellement dépressif, pas juste un peu déprimé cette semaine, quel est le meilleur traitement pour vous sortir de là? Aller chez le médecin lui demander un anti-dépresseur? Consulter un psychologue clinicien? Ou s’inscrire au club de course à pied près de chez vous?

Bien que la devise « Mens sana in corpore sano » (un esprit saint dans un corps sain) soit connue de toutes et tous, notre société nous a mené à penser que la solution à nos problèmes psychologiques (et on peut encore se poser la question du « psychologique » car il n’y a rien de tel qu’une maladie qui est juste psychologique, la dualité corps-esprit étant aussi une vue, biaisée, de l’esprit) réside principalement dans de jolies petites pilules  ou dans de longues séances sur un canapé. Et pourtant…

Avant d’être des psychothérapeutes, les psychologues cliniciens et les psychiatres sont des scientifiques. En tant que tels ils se doivent d’être ouvert à toutes les possibilités et d’utiliser la méthode scientifique pour faire la part des choses entre les faits et les croyances. Et c’est sur base des faits scientifiquement établis et de son analyse de la situation du patient (ou client) qu’il propose le traitement le plus approprié. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas car même les psychologues et psychiatres qui se tiennent au courant des avancées de la science ne peuvent absorber toute la connaissance de tous les champs d’étude couvert par la science ni même uniquement celui que couvre le vaste domaine de la santé ou même de la santé mentale. Souvent, nous avons un biais qui nous pousse à lire les articles qui nous parlent de ce que nous connaissons déjà ou de ce qui nous intéresse, ignorant ainsi, de facto, les autres avancées, probablement tout aussi importantes, de la recherche. Et même si nous sommes au courant de la recherche, il n’est pas impossible que nous doutions de la recherche (n’est-ce pas l’attitude princeps du scientifique que de douter) ou que nous ne l’utilisions pas car ce n’est pas ce que nous avons appris. Un psychologue qui vous dit d’aller faire du sport, de manger mieux, de dormir plus, de rencontrer des gens, de rire et de prendre soin de vous, n’est pas dans son rôle, ou du moins pas dans celui qu’on peux lui attribuer de manière stéréotypée. Finalement, le rôle du psychologue / psychothérapeute n’est-il pas de soigner par la parole, d’écouter, de faire preuve d’empathie, d’analyser? Et bien non! Le rôle du psychologue clinicien, et les récentes évolutions législatives belges en la matière vont dans ce sens, est de guérir et de prévenir la maladie mentale ou psycho-somatique. Si l’on ne veux pas polariser le monde entre ce qui est de l’ordre du pathologique et ce qui ne l’est pas, on peut alors arriver à un objectif plus large pour les psychologues cliniciens et les psychiatres: aider leurs clients à se sentir mieux, à être plus épanoui. Et pour ce faire, il n’y a pas qu’une seule solution ou qu’un seul aspect à considérer mais bien une approche multidisciplinaire, holistique comme certains aiment à l’appeler. Nous sommes à la fois un corps, un esprit, une identité, une partie d’une famille, d’un groupe, d’une société, de l’humanité.

Notre bien-être passe donc par ces différentes choses: Une alimentation saine, une activité physique raisonnable et respectueuse de notre corps, du repos en suffisance, une bonne santé, des relations harmonieuses avec nos amis, du partage et des échanges, un sentiment de sécurité, un sens à nos actions et à notre vie. Non pas une de ces choses là mais bien toutes ces choses là, en même temps, dans un équilibre qui nous est propre. Nous couvrons donc ici bien des domaines de recherches et d’activités: Biologie, médecine, nutrition, cuisine, sociologie, psychologie, politique, kinésithérapie, philosophie, spiritualité, etc.

Donc, quand vous allez chez un psychologue clinicien, il va vous écouter, essayer de comprendre les difficultés que vous rencontrez, de voir quels sont les facteurs qui créent et qui entretiennent ces difficultés, ces souffrances et vous aider, tant que possible, à y faire face. Néanmoins, il ne peut pas faire son métier correctement s’il ne vous dit pas que vous avez besoin de tout cela en même temps.

En 1979, Greist, Klein et al. étudiaient l’efficacité de la pratique de la course à pied comme traitement contre la dépression, mentionnant le peu d’études sur le lien entre sport et traitement de la dépression. En 1987, Doyne, Ossip-Klein et al. comparaient l’efficacité de la course à pied et de la musculation aux haltères comme traitement de la dépression. En 1993, Byrne et Byrne faisaient une revue de la littérature sur l’effet de l’exercice physique sur la dépression et notre humeur, montrant que des effets étaient montrés mais que des problèmes méthodologiques existaient. Depuis lors, des centaines de recherches ont été menées et la controverse ne semble toujours pas levée. Pourtant, à choisir entre les traitements médicamenteux, qui ne portent pas moins à controverse, et la pratique du sport, il me semble évident que cette dernière présente nettement plus de bénéfices secondaires au traitement de la maladie mentale que la prise de médicaments, sans avoir de très nombreux effets négatifs (si l’on pratique raisonnablement et dans le respect de son corps, j’entends) que pour que le principe de précaution ne nous fasse choisir de promouvoir plus le sport que les antidépresseurs. D’autant plus que le sport apporte bien d’autres avantages à notre santé, notre condition physique et nos performances cognitives (voir l’article ‘mens sana in copore sano‘ pour plus de détails sur ce sujet)

Très récemment, en 2016, Schuch, Vancampfort, Rosenbaum et al. ont publié une méta-analyse (une analyse des données de plusieurs études précédentes) d’études aléatoire contrôlées (RCT – Randomize Controlled Trials) portant sur 25 études rassemblant au total 1487 adultes. D’après leur étude, la pratique d’exercices en aérobie (en endurance donc) présente des effets significatifs d’amélioration, d’autant plus, semble-t’il, s’ils sont encadrés pas des entraîneurs professionnels ou des professionnels de la santé. Ces effets sont aussi valable pour les dépressions majeures et dépassent largement ceux que l’on exige des médicaments antidépresseurs pour être acceptés sur le marché. Schuch et al. soulignent aussi l’important biais qui existe au niveau des publications scientifiques sur le sujet, celle-ci étant nettement moins souvent publiées que celles sur les psychothérapies ou les traitements médicamenteux.

Conclusion, il est important de prendre soin de soi en pratiquant une activité physique modérée pour éviter de dépenser son argent en pilules multicolores ou de venir voir un psy, et comme je l’écrivais déjà il y a près de 3 ans, il est tout aussi important de se faire plaisir.

Enjoy your life.

La méditation réduirait les inflammations… et donc la dépression?

Une étude de 2016 de l’université de Carnegie-Melon (Creswell JD & al.) à mesuré une diminution de l’Interleukin-6, une citokine (une protéine servant de messager dans le corps) impliquée dans le processus inflammatoire, chez des adultes en recherche d’emploi en état de stress. Cette diminution mesurée chez les participants ayant suivi un stage intensif de trois jours de méditation (dans ce cas-ci plus précisément des pratiquants suivant un programme MBSR – Mindfulness Based Stress Reduction) est comparée aux mesures sur un groupe contrôle ayant suivi trois jours de formation aux techniques de relaxation.

En plus d’une diminution de l’Interleukin-6, une amélioration de la connectivité des zones du cerveau impliquées dans le réseau du mode par défaut et surtout dans le cortex dorso-latéral préfrontal (qui est fortement impliqué dans les tâches exécutives comme la planification, l’organisation, l’élaboration de stratégies, l’attention ou pour gérer le temps et l’espace) est mesurée. Ceci va dans le sens de l’étude de 2014 de Fox, Nijboer et al. qui montrait que la méditation provoquait des changements dans la structure du cerveau et particulièrement dans le cortex préfrontal.

L’effet anti-inflammatoire de la méditation pourrait aussi expliquer une partie de son effet sur la prévention de la dépression (ou de sa rechute) vu le lien supposé par l’étude de Felger et Al. dans leur étude de 2015 sur l’effet de l’inflammation sur l’efficacité des circuits neuronaux de la récompense chez certains patients (environ 30%) en état de dépression. N’oublions pas que le stress est connu pour être un des facteurs provoquant ou « facilitant » la dépression et que la diminution du stress, que ce soit par la méditation ou la relaxation, peut déjà expliquer une partie de l’effet préventif contre la dépression. Néanmoins, plusieurs études semblent montrer un lien entre le stress, l’inflammation et la dépression (voir Slavich et Irwin, 2014).

Une fois de plus la méditation offre des bénéfices non négligeables dans la lutte contre le stress et la dépression qui sont clairement les deux fléaux de ces dernières décennies dans les pays dits développés. Cela demande un peu plus d’effort et de temps que de prendre des anti-inflammatoires et/ou des anti-dépresseurs mais c’est nettement plus efficace et cela vous permettra aussi de mieux vieillir (ou du moins de subir les effets du vieillissement plus tard) et de diminuer vos chances de faire un Alzheimer. Comme on le voit aussi, il n’est jamais trop tard pour commencer car les effets de la méditation sont assez rapide et peuvent être induit par une pratique de seulement 20 minutes par jour. A vous de choisir votre traitement.

La défense américaine fait la promotion de la méditation de pleine conscience

Un marine en position de méditation sur la rampe d’un hélicoptère CH-53E Super Stallion

Le DoD (Department of Defense), le département de la défense des Etats-Unis, vient de lancer une campagne de promotion de la pratique de la méditation de pleine conscience (Mindfulness) au sein des forces armées afin d’expliquer aux militaires américains les bénéfices qu’ils peuvent en tirer ainsi que les différentes manières de commencer à pratiquer.

Cette campagnes est supportée par une série d’articles sur le blog du DCOE (Defence Center of Excellence for Psychological Health & brain injuries), le centre d’excellence de la défense pour la santé mentale et les traumatismes crâniens. Ces articles reprennent certaines des évidences scientifiques concernant la pleine conscience ainsi que plusieurs conseils pratiques. Une étape de plus dans la diffusion de la pleine conscience et de son utilisation dans le monde du travail. Après les hôpitaux, les sportifs de haut niveau et les entreprises, ce sont désormais les militaires qui sont encouragés à intégrer cette pratique de médiation laïque dans leur rituels quotidiens afin d’améliorer leur qualité de vie et leur santé mentale.

Références:

S’aimer soi, ça commence maintenant… en vidéo

Dans la lignée des derniers articles, voici deux extraits vidéos qui montrent certaines formes de pensées négatives envers soi-même et comment un thérapeute peut aider à changer les points de vue.

Le premier extrait, en anglais, vient du 7ème épisode de la seconde saison de  « My Mad Fat Diary », montrant un entretien entre Rae, l’héroïne de la série et son psychologue.

Le second est un extrait de Angel-A de Besson avec Jamel Debbouzze.

Parfois, un petit clip vaut mieux qu’un long discours… ou qu’une visite chez le psy.

La douceur mène à tout.

Amour purDans son désormais célèbre discours donné lors de la « commencement ceremony » à l’université de Stanford en 2005, Steve Jobs rappelait que tout ce que l’on apprenait dans la vie n’avait pas toujours de sens au moment où on l’apprend mais qu’a un moment, nous allions pouvoir faire le lien entre les différentes choses que nous avions appris (« connecting the dots ») et que cela ferait alors sens. J’ai commencé à penser à cet article il y a un an, quasi jours pour jours, en écrivant son titre puis en le gardant dans mes brouillons. Depuis ce jour, de nouveaux liens sont venu s’ajouter et il n’en prend que d’autant plus de sens. Il y a quelques jours de cela, je partageais des liens vers les deux merveilleuses interventions d’Andrew Salomon aux TED (voir Amour inconditionnel, sens de la vie et identité) et son message d’amour inconditionnel, de bienveillance pour soi et pour les autres.

L’année passée, c’était le lien entre les approches philosophiques de la musculation préconisées par Olivier Lafay (qui s’oppose au « No pain no gain » et qui favorise une approche douce de la musculation tout en visant une efficience maximale) ainsi que la rencontre avec l’enseignement de l’Aikido de Léo Tamaki (qui a une approche encore plus douce et respectueuse de l’autre et de soi qu’on ne le pratique habituellement dans l’Aikido traditionnel, qui se veut déjà pourtant très « doux » pour un art martial). Ce fut donc la rencontre avec deux approches qui questionnent les dogmes établis et qui visent à l’efficience et l’efficacité tout en douceur qui semèrent la graine de cet article.

Depuis, aussi bien au niveau de mes lectures, de mes observations et de mes réflexions sur l’éducation, le bonheur au travail, la psychothérapie, les régimes alimentaires, la méditation ou d’autres formes de recherche sur la transformation, la douceur et le respect de soi et des autres semblent être les composants d’une méthode plus efficace, plus efficiente et plus « durable » (dans le sens « sustainable » en anglais) pour atteindre ses objectifs.

Combien de fois ne nous reprochons nous pas telle erreur, telle lenteur, tel manque d’efficacité ou tel retard. Il n’est pas rare de voir des personnes sur la voie qui va du perfectionnisme à l’optimalisme (voir « Etes-vous perfectionniste?« ) qui se reprochent leur lenteur à changer ou leur imperfection dans une sorte de recherche de perfection dans la voie vers l’acceptation de l’imperfection. Paradoxal, n’est-il pas? Il en est souvent de même dans l’appréhension de la notion d’acceptation telle qu’elle est utilisée dans l’ACT ou dans la méditation de pleine conscience.

En tant que psychologue, un des exercices fréquemment utilisé pour favoriser les pensées positives est de demander à nos clients: « que diriez-vous à quelqu’un que vous aimez, comme vos enfants, vos amis, s’il ou elle vous tenait le même discours? ». Souvent, pour ne pas dire systématiquement, dans ce cas là, le discours que l’on tient envers ceux que l’on aime est nettement plus bienveillant et tolérant que ne l’est celui que nous tenons envers nous-même. La question qui vient alors à l’esprit est alors: « Qu’avez-vous fait pour ne pas mériter cette bienveillance, cette tolérance? Que peut-on faire de si grave pour ne pas mériter cette tolérance et cette bienveillance? ». Vous voyez déjà probablement où cela nous mène.

Pour devenir cette personne que nous désirons être, ou plutôt pour la laisser émerger, pour laisser cette facette de nous même s’épanouir, accepter nos imperfections et nous aimer inconditionnellement avec bienveillance est la solution la plus douce et la plus efficace. Nous pouvons nous battre contre nous-même et contre certaines réalités inéluctables de notre vies telles que les pensées négatives, la présence de personnes toxiques dans notre entourage ou les exigences de notre société. Ou nous pouvons aussi accepter  ce que nous ne pouvons pas changer et nous concentrer sur ce que nous pouvons changer. Parmi ces dernières, une que nous pouvons facilement changer, dès maintenant, là, à cette seconde précise, est le regard que nous portons sur nous et la bienveillance que nous nous accordons.

Certains me diront que c’est difficile et qu’ils n’y arrivent pas. Pensez alors à ce qui suit. Quand un enfant commence à marcher, personne ne lui reproche de tomber après son premier pas. On l’encourage plutôt à se relever, à réessayer, à continuer à grandir, à progresser, admiratif de ses progrès, fier de le voir s’épanouir. C’est avec ce regard là aussi que vous pouvez regarder vos actions et votre chemin vers un perfectionnement. Avec le même amour, la même bienveillance. Aimer dans les moments de réussite et facile, c’est dans les moments difficiles que l’on reconnaît le véritable amour. Accordez-vous ce véritable amour. Vous avez le droit et le choix de vous accepter et de vous apprécier tels que vous êtes.

Donc, pour les années à venir, je vous souhaite simplement d’aimer encore plus et surtout cette personne que vous voyez le matin dans le miroir, vous avez encore beaucoup d’années à passer ensemble, la traiter avec douceur, empathie, et respect est certainement la voie la plus sûre et la plus agréable pour arriver à vous rapprocher de ce qui est important pour vous dans votre vie.

Et tant que j’y pense, merci aux très nombreux lecteurs de ce blog de me permettre de faire un bout de chemin en votre compagnie.